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Justice

Convocation de journalistes et responsables au Sénégal : une affaire révélatrice des tensions autour du FADP

Le journaliste Ibrahima Lissa Faye a été entendu par les enquêteurs de la Sûreté urbaine du Commissariat central de Dakar avant d’être finalement remis en liberté. Toutefois, il reste à la disposition du procureur de la République, dans le cadre d’une…

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Convocation de journalistes et responsables au Sénégal : une affaire révélatrice des tensions autour du FADP

Le journaliste Ibrahima Lissa Faye a été entendu par les enquêteurs de la Sûreté urbaine du Commissariat central de Dakar avant d’être finalement remis en liberté. Toutefois, il reste à la disposition du procureur de la République, dans le cadre d’une procédure qui continue de susciter de vives réactions au sein du secteur des médias.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte marqué par des divergences persistantes autour de la gestion du Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP). Selon des informations rapportées, la Direction de la Communication du ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a saisi le procureur, estimant que certaines déclarations publiques seraient de nature diffamatoire et susceptibles de porter atteinte à la crédibilité du fonds ainsi qu’à l’image des membres de son Conseil de gestion.

À l’origine de cette procédure se trouve une intervention du journaliste lors de l’émission RFM Week-end. Au cours de cette prise de parole, il avait évoqué la répartition du FADP, affirmant notamment que la presse privée n’aurait perçu que 500 millions de francs CFA. Ces propos, largement relayés, ont rapidement alimenté le débat public et attiré l’attention des autorités.

Dans le cadre de la même affaire, Habibou Dia, directeur de la Communication au sein du ministère concerné, a également été cité et convoqué. Par ailleurs, le président de l’ONG Jamra, Mame Makhtar Guèye, a lui aussi été entendu par les enquêteurs, après avoir diffusé sur les réseaux sociaux une vidéo reprenant les déclarations incriminées.

Ces différentes convocations interviennent dans un climat déjà tendu entre les autorités publiques et les acteurs de la presse. En effet, le 30 janvier 2026, le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal avait officiellement contesté la répartition de l’aide publique destinée au secteur pour l’exercice 2025. L’organisation avait exprimé ses inquiétudes quant à la transparence et à l’équité dans l’attribution des ressources.

Le différend s’est également appuyé sur une décision judiciaire importante. Le 11 décembre 2025, la Cour suprême du Sénégal avait rendu un arrêt annulant certains arrêtés liés à la plateforme numérique d’identification des entreprises de presse, un outil central dans le processus de gestion et de distribution des aides publiques.

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