Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) hausse le ton face aux incertitudes entourant la tenue des prochaines élections territoriales. Dans une déclaration publiée ce mercredi 5 août 2026 à Dakar, la Conférence des Leaders du Front estime que le calendrier électoral est aujourd’hui gravement compromis et accuse le gouvernement d’entretenir une situation susceptible de conduire à un report du scrutin.
Le FDR rappelle qu’il avait, depuis plusieurs mois, alerté les autorités sur les risques pesant sur le respect des délais prévus par le Code électoral. Le Front souligne notamment qu’en réponse à une correspondance datée du 6 mars 2026, le ministre de l’Intérieur alors en fonction avait assuré que les élections territoriales se tiendraient dans les délais légaux. Selon cette réponse, les dispositions des articles L.236 et L.269 du Code électoral permettaient encore au Président de la République de signer le décret portant convocation du corps électoral dans les temps impartis.
Pour les responsables du Front, les faits observés depuis lors contredisent toutefois ces engagements. Ils estiment que plusieurs échéances prévues par la législation électorale n’ont pas été respectées, alimentant les inquiétudes quant à l’organisation effective du scrutin.
Le FDR rappelle qu’en vertu des articles L.247 et L.282 du Code électoral, le ministre de l’Intérieur doit fixer, après concertation avec les acteurs politiques, le montant de la caution électorale au plus tard le 20 août 2026. Les listes de candidatures aux élections départementales et municipales doivent ensuite être déposées entre le 24 et le 29 octobre 2026, conformément aux articles L.248 et L.283, tandis que la convocation des électeurs est censée intervenir au plus tard le 19 octobre 2026, comme le prévoit l’article L.294.
Le Front relève également qu’aucune révision ordinaire des listes électorales n’a été organisée depuis le 1er février 2026, alors que cette opération constitue une étape essentielle du processus électoral. À défaut, une révision exceptionnelle aurait dû, selon lui, être décidée en même temps que la publication du décret fixant la date des élections.
Face à cette situation, le FDR évoque une « inertie probablement délibérée » de la part du gouvernement. Selon le Front, les retards accumulés rendent désormais difficile l’organisation des élections territoriales avant le 17 janvier 2027, date limite prévue par la loi électorale. Il précise néanmoins qu’aucune contrainte objective ne justifie, à ses yeux, un éventuel report du scrutin au-delà de cette échéance, si ce n’est une volonté politique.
Le Front considère que le respect du calendrier électoral constitue une obligation démocratique et constitutionnelle. Il met en garde contre les conséquences d’un report de fait des élections, estimant qu’une telle situation entretiendrait l’incertitude politique et pourrait conduire à une prolongation illégale des mandats des élus territoriaux, au détriment de la crédibilité des institutions et de l’État de droit.
En conclusion, le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République appelle à l’ouverture immédiate de concertations entre le gouvernement, les partis politiques et les autres acteurs concernés. Il invite également les organisations de la société civile ainsi que l’ensemble des citoyens à se mobiliser pour exiger le respect strict du Code électoral et du calendrier des élections territoriales, qu’il considère comme une condition indispensable à la transparence du processus électoral et à la préservation de la démocratie sénégalaise.





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