À peine installé à la tête du Port autonome de Dakar (PAD), le nouveau Directeur général, Doune Pathé Mbengue, a décidé d’annuler une procédure de passation de marché engagée sous la précédente direction. Cette décision intervient dans un contexte marqué par des interrogations sur la régularité administrative de l’appel d’offres, publié quelques jours seulement avant la passation officielle de service entre Waly Diouf Bodiang et son successeur.
Les faits remontent au 11 août 2026. Ce jour-là, un avis d’appel d’offres ouvert avec préqualification a été publié dans les colonnes du quotidien Le Soleil. La procédure portait la signature de Waly Diouf Bodiang, alors Directeur général sortant du Port autonome de Dakar.
Or, celui-ci avait déjà été relevé de ses fonctions par décret pris lors du Conseil des ministres du 16 juillet 2026. Son remplacement par Doune Pathé Mbengue avait donc été acté plusieurs semaines avant la cérémonie officielle de passation de service, organisée le 13 août à la Direction générale du PAD.
La publication de cet avis à la veille du changement effectif de direction a ainsi suscité des interrogations sur la capacité du directeur sortant à engager de nouvelles procédures au nom de l’établissement public durant cette période de transition.
Saisi du dossier dès son installation, le nouveau Directeur général a décidé de mettre un terme à la procédure. La nouvelle direction aurait motivé cette annulation par des considérations liées à l’organisation du service et à la conformité administrative de la procédure engagée.
Cette décision intervient alors que Doune Pathé Mbengue entend placer son mandat sous le signe de la rigueur dans la gestion et du respect des règles de gouvernance publique. Son premier acte sur ce dossier traduit ainsi une volonté de revoir les procédures engagées avant sa prise de fonction et de s’assurer de leur conformité avec les exigences administratives applicables aux établissements publics.
L’épisode soulève toutefois une question plus large sur la période comprise entre la décision de remplacement d’un dirigeant et la prise de fonction effective de son successeur. Dans quelle mesure un directeur général dont le remplacement a été officiellement décidé peut-il continuer à engager l’établissement qu’il dirigeait, notamment à travers des procédures susceptibles d’avoir des conséquences juridiques et financières ?
Cette interrogation prend une importance particulière lorsqu’il s’agit d’un établissement stratégique comme le Port autonome de Dakar, dont les marchés représentent des enjeux économiques et financiers considérables. Le PAD constitue en effet une infrastructure majeure pour l’économie sénégalaise et joue un rôle central dans les échanges commerciaux du pays et de la sous-région.
L’annulation de cette procédure permet également à la nouvelle direction de reprendre la main sur les dossiers engagés avant son arrivée et d’effectuer les vérifications nécessaires avant toute nouvelle décision. Elle pourrait ainsi constituer l’un des premiers signaux de la volonté affichée par Doune Pathé Mbengue d’inscrire son action dans une logique de conformité, de transparence et de responsabilité dans la gestion des ressources publiques.
Au-delà du cas particulier de cet appel d’offres, cette affaire remet donc au centre du débat les exigences de gouvernance dans les entreprises et établissements publics. La période de transition entre deux directions ne devrait pas être synonyme d’incertitude sur la chaîne de responsabilité, particulièrement lorsqu’il s’agit de décisions pouvant engager durablement l’institution.
La nouvelle direction du Port autonome de Dakar semble ainsi vouloir faire de la conformité administrative un préalable à la poursuite des procédures de passation de marchés. Une démarche qui s’inscrit dans l’exigence de « Jub, Jubal, Jubanti », désormais régulièrement mise en avant dans la gestion des affaires publiques.






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