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Assemblée nationale : Ousmane Sonko recadre les députés et rappelle les règles du débat parlementaire

Après plusieurs échanges tendus dans l’hémicycle, notamment avec Abdou Mbow et Thierno Alassane Sall, le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a livré une longue mise au point sur les règles qui encadrent les débats parlementaires. S’appuyant…

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Assemblée nationale : Ousmane Sonko recadre les députés et rappelle les règles du débat parlementaire

Après plusieurs échanges tendus dans l’hémicycle, notamment avec Abdou Mbow et Thierno Alassane Sall, le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a livré une longue mise au point sur les règles qui encadrent les débats parlementaires. S’appuyant sur plusieurs dispositions du règlement intérieur, notamment les articles 67, 72 et 77, le président de séance a défendu ses prérogatives, appelé les députés à davantage de discipline et insisté sur la nécessité de préserver la crédibilité de l’institution parlementaire.

Avant de suspendre la séance pour une pause de dix minutes, Ousmane Sonko a pris la parole pour revenir en détail sur le fonctionnement de l’Assemblée nationale et les principes qui, selon lui, doivent régir les échanges entre parlementaires. Cette intervention est intervenue dans un climat particulièrement tendu, marqué par plusieurs rappels au règlement et des accrochages avec des députés de l’opposition.

Le président de l’Assemblée nationale a d’abord invoqué l’article 67 du règlement intérieur, qu’il considère comme l’une des dispositions essentielles en matière de conduite des débats. Il a rappelé que l’Assemblée nationale constitue, par excellence, un lieu de débat démocratique, mais que ce débat doit se dérouler dans un climat serein, courtois et impersonnel.

Selon sa lecture du texte, les attaques personnelles, les interruptions susceptibles de perturber le déroulement de la séance ainsi que les interpellations directes entre députés ne sauraient être tolérées. Pour Ousmane Sonko, la liberté de discussion ne signifie donc pas l’absence de règles dans l’hémicycle.

Il s’est ensuite référé à l’article 72 du règlement intérieur pour rappeler les responsabilités qui incombent au président de séance. Celui-ci, a-t-il souligné, préside la séance, dirige les débats, fait respecter le règlement et assure le maintien de l’ordre.

Une précision qui intervient alors que sa manière de conduire les débats fait régulièrement l’objet de contestations de la part de certains députés, notamment de l’opposition. Ousmane Sonko a ainsi voulu rappeler que le président de séance ne tire pas ses prérogatives de sa seule position politique, mais du règlement intérieur de l’institution.

Le président de l’Assemblée nationale s’est surtout attardé sur l’article 77, au centre de son précédent affrontement avec Thierno Alassane Sall. Le député avait notamment défendu une interprétation selon laquelle le caractère libre du débat législatif ne permettrait pas au président de séance d’interrompre un parlementaire au seul motif qu’il s’éloigne du sujet, tout en reconnaissant certaines possibilités de rappel à l’ordre.

Ousmane Sonko a, pour sa part, estimé que certains députés avaient tendance à ne retenir qu’une partie de l’article 77, notamment la disposition selon laquelle « le débat législatif est libre ». « Le débat législatif est libre, c’est une seule phrase », a-t-il martelé, avant de poursuivre la lecture des dispositions relatives à l’organisation des prises de parole et au respect des instructions du président de séance.

Il a notamment rappelé que lorsqu’un orateur s’éloigne de la question inscrite à l’ordre du jour, le président peut le ramener au sujet. En cas de refus, le député peut faire l’objet d’un rappel à l’ordre. Le règlement prévoit également des mesures lorsqu’un orateur est invité à quitter la tribune et refuse de se conformer à la décision du président.

Pour Ousmane Sonko, ces différentes dispositions ne doivent pas être interprétées isolément. Elles forment, selon lui, un ensemble cohérent destiné à permettre à l’Assemblée nationale de fonctionner normalement et à garantir le bon déroulement des débats.

« Je voudrais inviter nos collègues à plus de discipline par rapport au respect du règlement intérieur », a-t-il lancé à l’endroit des députés.

Poursuivant principalement son intervention en wolof, le président de l’Assemblée nationale a ensuite élargi son propos à la responsabilité politique et institutionnelle des parlementaires. Il a rappelé que l’Assemblée nationale est appelée à examiner les grandes questions qui intéressent la Nation et que ses débats sont suivis par l’ensemble des Sénégalais.

Pour lui, cette responsabilité impose aux députés de faire preuve de retenue et de sérieux. L’institution ne devrait pas, selon son expression, devenir un espace dominé par les invectives, les insultes, les querelles personnelles ou les affrontements permanents.

Ousmane Sonko a mis en garde contre les conséquences d’une telle situation sur l’image de l’Assemblée nationale. Si les citoyens finissent par considérer l’institution comme un simple lieu de « xasante », autrement dit de querelles et d’affrontements, les véritables enjeux soumis à l’examen des députés risquent, selon lui, d’être relégués au second plan.

Le président de l’Assemblée nationale a notamment pris l’exemple du projet de loi relatif à la protection des infrastructures d’information critiques et à la cybersécurité, alors même que les échanges étaient marqués par des tensions. Il a rappelé l’importance stratégique de ce texte dans un contexte où les administrations et les institutions publiques sont de plus en plus exposées aux risques liés aux cyberattaques.

Il a évoqué les données sensibles détenues par certaines administrations, citant notamment la Direction de l’automatisation des fichiers ainsi que les services des Impôts et Domaines. Pour lui, les risques d’intrusion informatique, de vol de données ou d’accès frauduleux à des informations sensibles constituent des questions suffisamment sérieuses pour justifier un débat parlementaire à la hauteur des enjeux.

Dans ce contexte, Ousmane Sonko a insisté sur la dimension pédagogique du travail des députés. Il estime que les parlementaires doivent être capables d’expliquer aux citoyens, y compris à ceux qui ne maîtrisent pas les aspects techniques des textes examinés, les raisons pour lesquelles ces questions revêtent une importance particulière pour le pays.

Le président de l’Assemblée nationale a également tenu à revenir sur les relations entre les députés et sa personne. Il a assuré respecter l’ensemble des parlementaires, y compris ceux qui contestent son accession à la présidence de l’institution ou qui entretiennent des désaccords politiques avec lui.

Selon lui, un député peut parfaitement ne pas partager ses positions politiques, contester son action ou même ne pas accepter son élection à la tête de l’Assemblée nationale. Mais ces divergences ne sauraient remettre en cause le fonctionnement régulier de l’institution.

« Je donne à chaque député son respect, son temps de parole et sa carte de parole. C’est cela la République », a-t-il soutenu en substance.

En retour, Ousmane Sonko estime que les députés doivent reconnaître les prérogatives attachées à la fonction de président de l’Assemblée nationale. « Que vous m’acceptiez ou non comme président, quand je suis assis ici, j’applique le règlement intérieur », a-t-il expliqué.

À travers cette mise au point, le président de l’Assemblée nationale a ainsi cherché à établir une distinction entre les divergences politiques et le fonctionnement institutionnel. L’Assemblée nationale doit rester, selon lui, un espace de contradiction où majorité, opposition et députés non inscrits peuvent défendre librement leurs positions.

Mais cette contradiction, a-t-il insisté, doit rester organisée et respectueuse des règles. La liberté de parole ne saurait, à ses yeux, se transformer en désordre ou en affrontements personnels.

Au terme de son intervention, Ousmane Sonko a donc appelé les parlementaires à recentrer les débats sur les préoccupations essentielles du pays. Pour lui, la crédibilité de l’Assemblée nationale dépend également de sa capacité à offrir aux Sénégalais une image d’une institution où les divergences sont assumées, mais où le respect du règlement, la discipline et la responsabilité demeurent les principes fondamentaux.

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