Marième Lèye, plus connue sous le nom de Nabou Lèye, reste en détention provisoire dans le cadre de l’affaire Aziz Dabala-Waly. La Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar a rejeté, pour la deuxième fois, la requête introduite par ses avocats pour contester son placement sous mandat de dépôt. La juridiction a ainsi confirmé la décision du juge du deuxième cabinet de Pikine-Guédiawaye, qui avait révoqué le contrôle judiciaire dont bénéficiait initialement la mise en cause.
Selon les informations rapportées par Libération, cette décision maintient donc Nabou Lèye derrière les barreaux alors qu’elle est poursuivie pour association de malfaiteurs et assassinat avec actes de barbarie dans le dossier du double meurtre d’Aziz Dabala et de Waly.
Âgée de 33 ans, Nabou Lèye avait dans un premier temps été placée sous contrôle judiciaire. Sa situation judiciaire a toutefois évolué après les déclarations particulièrement graves faites par l’un des mis en cause dans le dossier, Mamadou Lamine Diaw, dit Modou Lô, lors de son audition devant le juge d’instruction.
Le jeune homme, âgé de 26 ans, aurait notamment cité le nom de Nabou Lèye, mais également celui du chanteur Tarba Mbaye. Ce dernier avait été interpellé par la Division des investigations criminelles avant d’être finalement remis en liberté.
Face à ces accusations, le magistrat instructeur avait convoqué directement Nabou Lèye afin de l’entendre sur les faits qui lui étaient reprochés. Elle avait ensuite été confrontée à Mamadou Lamine Diaw. À l’issue de cette confrontation, le juge avait décidé de révoquer son contrôle judiciaire et de la placer sous mandat de dépôt.
Les conseils de la jeune femme avaient immédiatement contesté cette décision devant la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar. Une première démarche avait été rejetée. La défense est revenue à la charge, mais la juridiction vient une nouvelle fois de confirmer le maintien en détention de leur cliente.
Au cœur des accusations figurent les déclarations de Mamadou Lamine Diaw. D’après les éléments rapportés par Libération, ce dernier aurait soutenu devant le juge que Nabou Lèye et Tarba Mbaye lui avaient proposé la somme de deux millions de francs CFA pour éliminer Aziz Dabala. Le mobile évoqué serait lié à une sextape que la victime aurait détenue et qui aurait été susceptible de compromettre les personnes citées.
Mamadou Lamine Diaw aurait également affirmé n’avoir reçu qu’une avance de 500 000 francs CFA sur la somme qui lui aurait été promise. Dans son récit, il aurait expliqué que Nabou Lèye et Tarba Mbaye se trouvaient à bord d’un véhicule le soir des faits.
Toujours selon cette version, il aurait lui-même neutralisé Aziz Dabala et Waly avant que ces derniers ne soient achevés. Il attribue respectivement ces actes à Tarba Mbaye et à Nabou Lèye. Des accusations particulièrement lourdes, qui constituent l’un des principaux éléments ayant conduit le juge d’instruction à revenir sur le contrôle judiciaire de la jeune femme.
Nabou Lèye rejette catégoriquement l’ensemble de ces accusations. Sa défense conteste ainsi les faits qui lui sont imputés et continue de plaider en faveur de sa remise en liberté.
Un élément récent pourrait toutefois alimenter le débat autour de sa mise en cause. Toujours selon Libération, une délégation judiciaire menée récemment par la police scientifique aurait produit des éléments qui semblaient plutôt disculper Nabou Lèye et Tarba Mbaye. Malgré ces éléments, la Chambre d’accusation n’a pas, à ce stade, infléchi la décision judiciaire et a confirmé le maintien en détention de Nabou Lèye.





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