Le projet d’acquisition de matériel informatique de l’Agence nationale des affaires maritimes (ANAM) connaît un sérieux revers. Saisie à la suite des réserves émises par la Direction centrale des marchés publics (DCMP), l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) a confirmé les objections soulevées contre la procédure. En cause notamment, l’expiration de la validité des offres avant l’attribution provisoire du marché.
Selon les informations rapportées par Libération, l’ANAM avait lancé son appel d’offres à travers un avis publié dans Le Soleil du 29 octobre 2025. Le marché portait sur l’acquisition de plusieurs catégories d’équipements destinés à renforcer les capacités informatiques et numériques de l’agence. Il était subdivisé en trois lots : le premier consacré au matériel informatique, notamment les ordinateurs et écrans, le deuxième aux équipements d’impression et de numérisation et le troisième aux équipements ainsi qu’aux logiciels de réseau et de sécurité.
La procédure avait suscité une participation relativement importante. Au total, 24 plis représentant 54 offres avaient été enregistrés pour les trois lots. Une masse de candidatures qui, selon l’ANAM, a contribué à rallonger considérablement le délai nécessaire à l’analyse des propositions.
Le 2 juillet 2026, l’agence a transmis à la DCMP les documents liés à l’attribution provisoire du marché. Le dossier comprenait notamment le rapport d’analyse et d’évaluation des offres ainsi que le procès-verbal d’ouverture des plis. Après examen, la DCMP a toutefois émis un avis défavorable le 9 juillet.
Le principal point de désaccord porte sur la durée de validité des offres. D’après les éléments rapportés par Libération, cette validité avait expiré le 26 février 2026, alors que le procès-verbal d’attribution provisoire du marché était daté du 26 mai, soit trois mois plus tard. Plus problématique encore, le rapport d’évaluation et la demande d’avis n’auraient été réceptionnés par la DCMP que le 3 juillet 2026.
Face à ces réserves, l’ANAM a tenté de justifier le retard enregistré dans le traitement du dossier. Pour l’agence, la procédure nécessitait une analyse particulièrement approfondie en raison du nombre élevé d’offres reçues, mais aussi de la complexité des critères techniques à prendre en compte. Elle a également évoqué l’insuffisance de personnel spécialisé dans le domaine informatique pour expliquer les délais d’évaluation.
L’ANAM affirme avoir privilégié la rigueur dans l’examen des offres, notamment en ce qui concerne les performances des équipements proposés, leur compatibilité avec les systèmes existants et les garanties offertes par les fournisseurs. L’agence estime ainsi que le délai supplémentaire consacré à l’évaluation était nécessaire pour sécuriser le choix des équipements et éviter une sélection insuffisamment documentée.
Au-delà des considérations liées à la procédure, l’agence a également mis en avant l’importance stratégique du marché. Les équipements concernés doivent notamment accompagner le déploiement de plateformes et de logiciels destinés aux usagers du secteur maritime, renforcer les moyens de travail des agents et contribuer à la mise en service du nouveau siège de l’ANAM.
Pour l’agence, une relance complète de la procédure risquerait de compromettre le calendrier de ses projets de modernisation. Elle estime qu’un nouvel appel d’offres pourrait entraîner un retard supplémentaire de quatre à six mois, avec des conséquences sur la digitalisation de ses services. L’ANAM a également fait valoir le risque d’une augmentation des prix des équipements entre la première procédure et une éventuelle nouvelle consultation.
Ces arguments n’ont toutefois pas convaincu les autorités chargées du contrôle de la commande publique. La DCMP a maintenu sa position en s’appuyant notamment sur une jurisprudence antérieure du Comité de règlement des différends. Celle-ci rappelle que des offres dont la période de validité est arrivée à expiration ne peuvent plus être régulièrement évaluées dans le cadre de la procédure.
Dans ces conditions, la DCMP a refusé de délivrer son avis de non-objection et a recommandé la relance de la procédure. Une position que l’ANAM a contestée devant l’ARCOP, espérant obtenir une réévaluation du dossier et la possibilité de poursuivre le processus engagé.
Dans sa décision rendue le 19 août 2026, l’ARCOP a finalement confirmé les réserves formulées par la DCMP. L’autorité de régulation a ainsi rejeté la demande de l’ANAM, confortant la position du contrôle des marchés publics.





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