L'Arabie saoudite dispose de l'une des armées les mieux équipées du Moyen-Orient, mais elle ne parvient pas à neutraliser les Houthis du Yémen. Dans une analyse publiée le 14 octobre 2026, BFM Business revient sur les raisons de cette impasse, alors que les attaques ont atteint une ampleur inédite et que l'aéroport de Riyad a été touché le week-end dernier.
Une force aguerrie
Le mouvement houthi combat depuis plus de vingt ans, d'abord contre le pouvoir yéménite, puis, à partir de 2015, contre la coalition militaire menée par l'Arabie saoudite. Selon l'ONU, citée par BFM Business, ses effectifs seraient passés en dix ans d'environ 30 000 combattants à une force pouvant compter jusqu'à 350 000 hommes.
Avec l'aide de l'Iran, les Houthis ont renforcé leur arsenal : des drones comme le Samad-3, d'une portée estimée à environ 1 500 kilomètres, et des missiles capables d'atteindre des cibles à 2 000 kilomètres. « Les Saoudiens doivent se doter d'une armée prête à combattre et d'une population prête à mourir pour défendre ce qu'ils possèdent. Et ce n'est pas le cas aujourd'hui », estime Bernard Haykel, professeur à l'université de Princeton.
Une guerre asymétrique et coûteuse
Le conflit est aussi déséquilibré sur le plan économique : un drone relativement bon marché peut contraindre Riyad à tirer un missile intercepteur coûtant plusieurs millions de dollars. Il suffit en outre qu'un missile franchisse les défenses pour produire un effet symbolique important, comme la frappe sur l'aéroport de Riyad, essentiel au plan Vision 2030 du prince héritier Mohammed ben Salmane.
Le relief, une forteresse naturelle
Le Yémen et l'Arabie saoudite partagent plus de 1 300 kilomètres de frontière. Dans le nord-ouest du pays, fief historique des Houthis, les montagnes, vallées profondes et hauts plateaux dépassent parfois 2 000 mètres. La région de Saada est décrite comme une véritable forteresse naturelle. Une victoire militaire supposerait une offensive terrestre massive, que Riyad ne semble pas prêt à engager.
Un enjeu pétrolier
Le Yémen est stratégique pour le royaume, dont les exportations maritimes dépendent de deux passages : le détroit d'Ormuz et celui de Bab el-Mandeb, qui relie la mer Rouge à l'océan Indien et se trouve au cœur du conflit yéménite.






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