L’affaire de l’obtention frauduleuse de documents d’état civil sénégalais pourrait prendre une ampleur nouvelle. Alors que l’enquête se poursuit autour de plusieurs personnes soupçonnées d’avoir obtenu indûment des pièces administratives sénégalaises, de nouveaux éléments laissent entrevoir l’existence d’un circuit organisé impliquant plusieurs intermédiaires.
Selon des informations rapportées par Libération, Oumou Djiba Diallo, âgée de 30 ans, interpellée par la Direction de l’automatisation des fichiers (DAF), aurait obtenu à deux reprises des actes de naissance sénégalais présentés comme frauduleux. Au cours de son interrogatoire, les enquêteurs auraient notamment cherché à identifier la personne qui lui aurait servi de contact au niveau des services de l’état civil.
La jeune femme aurait toutefois déclaré ne plus se souvenir de l’identité de cet interlocuteur. Une réponse qui n’aurait pas permis, à ce stade, de remonter directement jusqu’à la personne susceptible d’avoir facilité l’obtention des documents.
Mais l’enquête aurait enregistré un élément beaucoup plus significatif. Le père d’Oumou Djiba Diallo aurait reconnu que l’ensemble de ses enfants auraient obtenu des extraits de naissance frauduleux en empruntant le même circuit. Cette déclaration pourrait ainsi orienter les investigations vers l’hypothèse d’un mécanisme structuré, au-delà de cas isolés de falsification ou d’usage de faux.
C’est dans ce contexte que Babacar Diallo, plus connu sous le surnom de « Boy Dakar », a été présenté au parquet. Il est notamment mis en cause pour détention et usage de faux document administratif ainsi que pour obtention indue de documents administratifs sénégalais.
Son implication présumée intervient alors que les enquêteurs cherchent à déterminer comment ces documents ont pu être obtenus et, surtout, à identifier les différentes personnes susceptibles d’avoir participé à leur délivrance. L’objectif est désormais de reconstituer la chaîne, depuis les demandeurs jusqu’aux éventuels intermédiaires et, le cas échéant, aux agents ou personnes disposant d’un accès aux procédures d’état civil.
La perspective d’une information judiciaire pourrait donner une nouvelle dimension à cette affaire. Une telle procédure permettrait notamment d’approfondir les investigations et de déterminer si les faits reprochés à certaines personnes s’inscrivent dans un système plus vaste de délivrance irrégulière de documents administratifs.
Au-delà du cas de « Boy Dakar », l’enjeu porte ainsi sur le fonctionnement même des circuits de l’état civil et sur les éventuelles failles exploitées pour obtenir des documents sénégalais de manière frauduleuse. Si l’hypothèse d’un réseau organisé venait à être confirmée par les investigations, l’affaire pourrait dépasser largement le cadre des personnes déjà interpellées et conduire à l’identification d’autres bénéficiaires, intermédiaires ou éventuels complices.





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