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Politique

Fonds spéciaux et contrats pétroliers : PASTEF dénonce un « reniement d’État »

Le groupe parlementaire PASTEF–Les Patriotes, dirigé par le député Ayib Daffé, a vivement critiqué la position du gouvernement sur plusieurs réformes actuellement en discussion à l’Assemblée nationale. Lors d’un point de presse tenu cet après-midi, les députés ont dénoncé ce qu’ils présentent comme une stratégie d’obstruction de l’exécutif, notamment sur le contrôle des contrats pétroliers et miniers, la gestion des fonds spéciaux et les réformes relatives à la santé en milieu carcéral.

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Fonds spéciaux et contrats pétroliers : PASTEF dénonce un « reniement d’État »

Le groupe parlementaire PASTEF–Les Patriotes monte au créneau contre ce qu’il considère comme des blocages dans le traitement de plusieurs propositions de loi à l’Assemblée nationale. Réunis autour de leur président Ayib Daffé, les députés de la majorité parlementaire ont tenu un point de presse pour exposer leurs griefs à l’encontre du gouvernement et dénoncer ce qu’ils qualifient de « stratégie de blocage » et d’« obstruction ».

Au cœur de leur intervention figurent plusieurs textes considérés par le groupe comme importants, notamment ceux portant sur la santé en milieu carcéral, le Code pétrolier et l’encadrement des fonds politiques. Les parlementaires estiment que l’exécutif chercherait à retarder ou à limiter la portée de ces réformes à travers différents procédés juridiques.

Selon les députés de PASTEF, l’introduction de certains « amendements alibis » aurait notamment pour effet de détourner les textes de leur objectif initial. Ils dénoncent ainsi ce qu’ils présentent comme une incohérence entre les engagements affichés en matière de gouvernance et les positions défendues aujourd’hui dans le cadre de l’examen des propositions de loi.

La question des ressources naturelles a occupé une place centrale dans leur prise de parole. Le groupe parlementaire a vivement critiqué le refus, qu’il attribue au gouvernement, de soumettre l’approbation des contrats pétroliers et miniers à un contrôle du Parlement.

Pour les députés, la question est d’autant plus importante que les contrats conclus dans les secteurs des hydrocarbures et des mines peuvent engager l’État sur de longues périodes. Ils jugent dès lors nécessaire que la représentation nationale puisse disposer d’un droit de regard sur ces engagements.

« Un seul ministre et un seul président signent, que personne ne sache ce qu’il y a dedans, et que cela engage le pays sur des générations », ont dénoncé les parlementaires, estimant qu’une telle procédure ne répondrait pas à l’exigence de transparence qu’ils défendent.

Le groupe PASTEF considère ainsi que la position actuelle du pouvoir sur cette question constitue, selon ses propres termes, un « reniement d’État ». Les députés estiment que cette orientation serait en contradiction avec les promesses faites aux Sénégalais en matière de gestion transparente et vertueuse des ressources naturelles.

Autre sujet majeur abordé lors du point de presse : les fonds spéciaux. Le groupe parlementaire estime que la gestion de ces ressources constitue une question de fond qui doit être réexaminée afin de renforcer les mécanismes de contrôle et de reddition des comptes.

Les députés ont notamment mis en cause l’utilisation de ces enveloppes financières, dont ils suggèrent qu’elles pourraient servir, dans certains cas, au financement d’activités politiques ou de manifestations présentées sous d’autres formes. Ils réclament à cet égard des mécanismes permettant aux corps de contrôle compétents d’exercer un véritable suivi sur leur utilisation.

PASTEF critique également certains amendements qui, selon les parlementaires, auraient pour conséquence de « sanctuariser » les fonds spéciaux sans apporter de garanties suffisantes en matière de transparence.

Pour le groupe parlementaire, la question n’est donc pas simplement juridique ou budgétaire. Elle touche plus largement aux principes de gouvernance et à la capacité des institutions à assurer un contrôle effectif de l’utilisation des ressources publiques.

Les députés ont également dénoncé ce qu’ils considèrent comme une tentative de brouillage du débat public. Sans citer précisément les médias ou personnes visés, ils ont appelé les citoyens à ne pas se laisser influencer par « une minorité au sein des médias, grassement payée », qui chercherait, selon eux, à « brouiller les esprits ».

Cette sortie traduit la volonté du groupe parlementaire PASTEF–Les Patriotes de maintenir la pression sur l’exécutif autour de plusieurs dossiers institutionnels et économiques sensibles. Les députés réaffirment leur détermination à défendre les réformes qu’ils considèrent comme nécessaires, notamment en matière de contrôle parlementaire, de transparence dans la gestion des ressources naturelles et de reddition des comptes.

Au-delà des divergences sur les procédures et les amendements, le débat engagé autour des contrats pétroliers et miniers et des fonds spéciaux pose ainsi la question plus large de l’équilibre entre les prérogatives de l’exécutif et celles du Parlement dans le contrôle de l’action publique et de la gestion des ressources de l’État.

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