Le Sénégal n’a, à ce jour, adressé à la France aucune demande officielle de restitution des restes de résistants conservés dans des institutions françaises. C’est ce qui ressort de la réponse du gouvernement à une question écrite du député Guy Marius Sagna, qui en a rendu public le contenu.
L’exécutif explique n’avoir reçu ni requête de descendants ni recommandation de chercheurs ou d’historiens allant dans ce sens. Un argument que le parlementaire rejette : à ses yeux, l’État n’a pas à attendre que les familles prennent l’initiative, alors qu’il dispose de la Direction du patrimoine culturel (DPC) et d’institutions scientifiques pour mener les recherches.
Pour appuyer sa démarche, le député rappelle qu’en 1891 le commandant Émile Roux avait remis au musée Broca, à Paris, six crânes, dont ceux de cinq hommes exécutés à Bakel le 25 janvier de la même année. Il cite également un décompte provisoire faisant état d’au moins 106 restes humains d’origine sénégalaise au Muséum national d’histoire naturelle. Or, souligne-t-il, la France autorise depuis décembre 2023 les restitutions à des fins funéraires, et Madagascar a obtenu le retour de trois crânes en août 2025.
Guy Marius Sagna demande au gouvernement le bilan des travaux de la DPC et les conclusions de la commission installée en 2021, des vérifications officielles auprès des institutions françaises pour localiser et identifier ces restes, ainsi qu’un calendrier des premières demandes. Il entend aussi proposer à l’Assemblée nationale la création d’une mission d’information parlementaire. Pour lui, ces morts « ne sont pas des biens culturels » : ils doivent recevoir une sépulture digne.






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