Né le 9 octobre 1906 à Joal, Léopold Sédar Senghor aurait eu 120 ans ce vendredi. À Dakar, la Fondation qui porte son nom a saisi cette date, doublée du quart de siècle écoulé depuis sa disparition, le 20 décembre 2001, pour interroger ce qu’il reste de l’œuvre du poète-président auprès des jeunes générations.
La rencontre, organisée au siège de l’institution autour du thème « Senghor 120/25 : Enracinement et ouverture – Héritages, actualités et horizons », a réuni autorités, diplomates, écrivains, acteurs du livre, parents et amis de l’ancien chef de l’État. Le secrétaire général de la Fondation, le professeur Amadou Ly, en a résumé l’esprit : « L’enracinement, c’est le passé, l’ouverture, c’est aujourd’hui et l’horizon, c’est le futur ».
L’universitaire a rappelé que la Fondation, créée en 1974, édite deux fois par an la revue Ethiopiques, consacrée à la littérature et aux sciences humaines. Du premier président du Sénégal indépendant, au pouvoir de 1960 à 1980, il retient autant l’homme d’État que la plume : « C’est un grand chef d’Etat du Sénégal, que l’on regrette encore. Et en plus de cela, c’est un écrivain hors pair ».
Invitée à discuter le thème, la professeure André-Marie Diagne Bonané, enseignante à la retraite, a mis l’accent sur l’école et la transmission. Elle a cité La Belle Histoire de Leuk-le-Lièvre, coécrit avec Abdoulaye Sadji, « un livre que je recommande à tous les étudiants qui veulent s’enraciner dans notre culture ». Elle est également revenue sur la négritude, défense de l’égalité entre les peuples, et sur la part prise par Senghor dans la naissance de la Francophonie.
La célébration avait aussi des accents d’alerte : l’enseignante a regretté que l’héritage senghorien glisse peu à peu dans l’oubli et a appelé à mieux en préserver les traces, afin que la jeunesse garde en mémoire le combat mené par ces pionniers.






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