Le recours aux appels à candidatures pour pourvoir certains postes stratégiques de l’administration publique sénégalaise devrait progressivement s’étendre. Dans une note d’information rendue publique ce samedi 12 septembre 2026, le Directeur général du Bureau Organisation et Méthodes (BOM), Amadou Lamine Sy, a apporté des précisions sur cette orientation, présentée comme un instrument destiné à renforcer la transparence, le mérite et la bonne gouvernance dans la gestion des affaires publiques.
Selon le BOM, cette démarche s’inscrit dans une volonté de faire évoluer les mécanismes de sélection aux postes à responsabilités afin de donner davantage de place aux compétences, aux aptitudes professionnelles et aux exigences déontologiques.
Le Bureau Organisation et Méthodes rappelle que la transparence dans la gestion des affaires publiques n’est pas un principe nouveau. Elle est consacrée par la Constitution sénégalaise, notamment dans son Préambule, qui réaffirme l’attachement du Sénégal à la transparence dans la conduite des affaires publiques ainsi qu’aux principes de bonne gouvernance.
Le texte constitutionnel consacre également le principe d’un accès de tous les citoyens, sans discrimination, à l’exercice du pouvoir à tous les niveaux. Cette exigence est complétée par la loi n° 2012-22 du 27 décembre 2012 portant Code de transparence dans la gestion des finances publiques.
Le BOM s’appuie notamment sur le point 7.4 de ce Code, qui prévoit des conditions et des procédures légales pour l’affectation ou la nomination à certains emplois publics. L’objectif affiché est de s’assurer que les personnes choisies disposent des compétences techniques, des aptitudes professionnelles et des garanties déontologiques nécessaires à l’exercice des fonctions qui leur sont confiées.
Dans sa note, le BOM estime toutefois que ces dispositions, « jadis bien respectées », ont progressivement été moins appliquées par les différents pouvoirs publics qui se sont succédé.
Le recours accru aux appels à candidatures est désormais présenté comme l’un des leviers de la transformation de l’administration publique. Pour le BOM, cette évolution s’inscrit dans la vision d’un Sénégal souverain, juste et prospère portée par l’Agenda national de Transformation 2050.
Les axes 2 et 4 de cette stratégie doivent notamment favoriser, selon l’organisme, une gestion publique davantage fondée sur la transparence, la participation citoyenne et la valorisation des compétences.
Il s’agit donc de faire évoluer progressivement les pratiques de nomination aux postes importants de l’État, en ouvrant davantage la compétition à des profils susceptibles de répondre aux exigences des fonctions concernées.
Le BOM souligne que cette politique n’en est pas à ses débuts. Plusieurs appels à candidatures ont déjà été organisés et ont permis de sélectionner des responsables appelés à exercer des fonctions importantes au sein de l’administration et des institutions publiques.
Parmi les procédures menées au niveau des organes délibérants, le Bureau cite notamment le recrutement des douze membres du Collège de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), ainsi que celui des sept membres du Collège de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP).
La démarche a également concerné des fonctions exécutives. Le BOM mentionne notamment la sélection du président de la Commission du Conseil sénégalais des droits de l’homme, du Directeur général de l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) et du Directeur général de l’ARTP.
Ces différentes expériences constituent, selon le Bureau Organisation et Méthodes, les premières étapes d’un processus appelé à s’élargir à d’autres institutions.
L’enseignement supérieur constitue également un secteur dans lequel cette méthode a été expérimentée. Des appels à candidatures ont ainsi été organisés pour la sélection de recteurs de plusieurs universités publiques.
Le BOM cite notamment l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), l’Université Assane Seck de Ziguinchor, l’Université numérique Cheikh Ahmadou Kane, l’Université du Sine Saloum El Hadji Ibrahima Niass, l’Université Iba Der Thiam de Thiès et l’Université Amadou Mahtar Mbow.
Pour le BOM, cette extension aux établissements d’enseignement supérieur participe de la même logique : élargir le vivier de candidats et privilégier des profils correspondant à des critères de compétence, d’expérience et d’aptitude à diriger.
La Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) constitue la nouvelle étape annoncée dans cette dynamique. Une procédure d’appel à candidatures a été engagée ce samedi 12 septembre 2026 pour le recrutement de son Directeur général.
L’ouverture de cette sélection doit permettre, selon les autorités, de rechercher des profils répondant aux exigences liées à la direction de cette institution stratégique. Les candidats seront appelés à être évalués sur la base de critères préalablement définis.
Cette procédure intervient après plusieurs expériences similaires menées au sein d’autres institutions publiques et confirme la volonté affichée par l’exécutif de recourir davantage à la mise en concurrence des profils pour certains postes de responsabilité.
Le Conseil national de régulation des médias (CNRM), appelé à succéder au Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA), devrait également intégrer ce dispositif.
Le BOM annonce en effet le lancement prochain d’un appel à candidatures pour la sélection des douze membres du Collège de cette nouvelle instance. La procédure devrait ainsi concerner une institution appelée à jouer un rôle central dans la régulation du secteur des médias.
Au-delà de la CDC et du CNRM, le Président de la République entend poursuivre progressivement l’extension de cette méthode. Le dispositif devrait notamment être élargi aux organes de gouvernance des Autorités administratives indépendantes, mais également à d’autres fonctions importantes dans les secteurs public et parapublic.
Pour le BOM, cette évolution traduit une transformation progressive des mécanismes de nomination aux postes à responsabilités. L’objectif est de renforcer la transparence et l’inclusion dans l’accès aux fonctions publiques, tout en accordant une place accrue aux compétences et aux aptitudes professionnelles.





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