L’information a été révélée ce jeudi par le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Dr Abdourahmane Diouf, lors d’une conférence de presse consacrée aux enjeux, aux réformes et aux perspectives du secteur de l’énergie et des hydrocarbures.
« Sur la question de Kosmos, ce que j’ajouterai simplement, c’est que nous sommes des Républicains. Nous avons donné un certain nombre d’éléments de clarification sur ce sujet. Maintenant, le président de la République a saisi l’Inspection générale d’État, qui est en train de faire ses enquêtes », a déclaré le ministre.
Selon Dr Abdourahmane Diouf, l’intervention de l’IGE doit permettre d’établir les faits et de déterminer les responsabilités éventuelles dans cette affaire. Le ministre appelle ainsi à laisser les corps de contrôle mener leurs investigations jusqu’à leur terme, au nom de ce qu’il présente comme une exigence de « décence républicaine ».
Le ministre a également révélé avoir lui-même été auditionné dans le cadre de l’enquête. « Moi-même, j’ai été personnellement auditionné par l’Inspection générale d’État. Je leur ai dit ce que je sais. J’ai fourni les documents et je sais qu’ils sont en train d’écouter tous les acteurs », a-t-il précisé.
Cette procédure intervient dans un contexte de controverse autour de l’accord de renonciation conjoint conclu entre l’État du Sénégal et Kosmos Energy au moment du retrait de la compagnie du gisement Yakaar-Teranga. Le document avait été signé à une période où Ousmane Sonko occupait les fonctions de Premier ministre et Alioune Gueye celles de directeur général de Petrosen.
Au cœur du débat se trouve la question des conditions financières du départ de Kosmos Energy. Selon les explications avancées par les autorités actuelles, la compagnie n’aurait pas réalisé l’ensemble des travaux qui étaient attendus dans le cadre du projet. Dans cette perspective, elles estiment que l’accord de renonciation aurait été conclu de manière prématurée, sans permettre à l’État de faire valoir d’éventuelles pénalités ou compensations.
C’est précisément ce point qui alimente l’évaluation d’un manque à gagner estimé à 55 millions de dollars pour l’État du Sénégal. Le montant constitue désormais l’un des principaux enjeux de l’enquête confiée à l’IGE.
Pour l’heure, le ministre de l’Énergie et du Pétrole se garde de tirer lui-même des conclusions définitives, renvoyant aux investigations en cours. Il affirme que l’Inspection générale d’État entend les différents protagonistes et examine les documents disponibles afin de reconstituer les conditions dans lesquelles la décision a été prise.
Les conclusions du corps de contrôle sont donc particulièrement attendues. Elles devraient notamment permettre de déterminer les circonstances exactes de la signature de l’accord, les obligations qui incombaient à Kosmos Energy, les éventuels droits de l’État en matière de pénalités ou de compensation et, le cas échéant, les raisons pour lesquelles ceux-ci n’auraient pas été exercés.






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