Le dossier sénégalais reste au centre des échanges entre Dakar et le Fonds monétaire international. Après l’accord conclu au niveau des services le 1er septembre dernier, le Sénégal attend désormais la présentation du programme au Conseil d’administration de l’institution. À ce stade, aucun calendrier précis n’a toutefois été arrêté pour cette étape.
Le programme envisagé porte sur un accord de 36 mois au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), pour un montant d’environ 2,2 milliards de dollars. L’accord conclu entre les services du FMI et les autorités sénégalaises reste soumis à l’approbation de la direction et du Conseil d’administration du Fonds. Le FMI a également indiqué que des mesures correctives et des assurances de financement doivent encore être réunies avant cette approbation.
Interrogée sur l’évolution du dossier, Julie Kozack a indiqué que la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, avait rencontré le président Bassirou Diomaye Faye le 15 septembre. Selon elle, cette rencontre a notamment permis d’aborder les réformes économiques engagées par le Sénégal, la viabilité budgétaire ainsi que le traitement de la dette.
Kristalina Georgieva a, selon Julie Kozack, réaffirmé l’engagement du FMI à accompagner le Sénégal dans son programme de réformes, notamment dans les efforts visant à restaurer la viabilité des finances publiques, à faire progresser le traitement de la dette et à soutenir une croissance plus forte ainsi que la création d’emplois.
Pour autant, la responsable de la communication du FMI a précisé qu’aucune date précise n’avait encore été fixée pour l’examen du programme par le Conseil d’administration. Le dossier demeure donc dans le circuit interne du Fonds avant cette prochaine étape.
En parallèle, le Sénégal a engagé le processus destiné à traiter ses vulnérabilités liées à la dette publique. Selon Julie Kozack, les autorités sénégalaises ont déjà tenu des réunions bilatérales préliminaires avec plusieurs créanciers et un accord a été trouvé pour mettre en place un comité officiel des créanciers.
Cette nouvelle structure doit permettre d’organiser les discussions entre les différents créanciers et les autorités sénégalaises autour de la situation de la dette. Le FMI entend, de son côté, jouer un rôle de facilitateur dans ce processus.
Julie Kozack a confirmé que le Fonds proposait ses « bons offices » afin de faciliter le partage d’informations et d’instaurer un dialogue plus étroit entre les créanciers, mais également entre les créanciers et le Sénégal en tant que pays débiteur.
Le FMI précise toutefois les limites de son intervention. Son rôle est notamment de faciliter les échanges et de présenter certains éléments relatifs au programme économique et à ses propres politiques de prêt. Les discussions portant sur les modalités finales du traitement de la dette restent, elles, du ressort du Sénégal et de ses créanciers.
Une première réunion avec les créanciers extérieurs est ainsi annoncée pour le 6 octobre. Les autorités sénégalaises doivent présenter à cette occasion la situation économique et financière du pays, leur programme de réformes ainsi que les grandes lignes du processus de traitement de la dette.
Le FMI doit également présenter aux créanciers les principaux éléments de l’accord conclu au niveau des services le 1er septembre, ainsi que certains aspects de ses politiques de prêt susceptibles d’éclairer les discussions.
Julie Kozack a toutefois tenu à préciser que cette rencontre ne constituera pas une négociation finale sur la restructuration de la dette. « Les discussions finales sur les détails de la restructuration de la dette, y compris la comparabilité de traitement, se déroulent entre le débiteur et les créanciers », a-t-elle expliqué.
Le Sénégal se trouve ainsi engagé dans un processus à plusieurs étapes. D’un côté, le gouvernement doit poursuivre les mesures nécessaires à la validation du programme avec le FMI. De l’autre, il doit organiser le dialogue avec ses créanciers afin de trouver un traitement permettant de répondre aux importantes vulnérabilités de sa dette.
Dans son accord au niveau des services du 1er septembre, le FMI avait indiqué que les autorités sénégalaises avaient annoncé leur intention de rechercher un traitement de la dette afin de restaurer sa soutenabilité. L’institution avait également insisté sur la nécessité de renforcer la gouvernance budgétaire, la gestion de la dette et la transparence des finances publiques.
Les prochaines semaines seront donc déterminantes pour l’avancement de ces deux dossiers. La réunion du 6 octobre doit constituer une première étape formelle dans le dialogue avec les créanciers, tandis que la date d’examen du programme par le Conseil d’administration du FMI reste encore à déterminer.





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