Le taux d’abandon est estimé à près de 30 %. Cette proportion pourrait être sous-évaluée, faute d’un suivi systématique des étudiants après leur quatrième année. Ces chiffres illustrent les difficultés d’un système qui dispose d’un potentiel scientifique important, mais où les conditions de formation et de recherche restent fragiles pour de nombreux doctorants.
Ces constats s’inscrivent dans les travaux du Partenariat pour la recherche africaine en sciences sociales et en gouvernance, menés avec l’appui de la fondation Andrew Carnegie. Ce programme de trois ans, déployé dans sept pays africains dont le Sénégal, examine les pratiques et procédures doctorales afin d’identifier les modèles de formation les plus efficaces et de proposer des pistes pour améliorer la qualité de l’enseignement et le taux de réussite.
Parmi les obstacles les plus importants figure le financement. Les bourses disponibles ne couvrent pas toujours les dépenses liées aux travaux de recherche, poussant certains étudiants à mobiliser leurs propres ressources ou à chercher des financements complémentaires. Ndèye Marème Sougou plaide pour un investissement accru des États africains et pour que la recherche soit davantage financée par des ressources locales, afin que ses résultats répondent aux besoins des sociétés concernées.
L’encadrement constitue un autre défi. Le Sénégal compte quinze écoles doctorales, mais une partie des étudiants inscrits en première année ne parvient pas jusqu’à la soutenance. La charge des enseignants-chercheurs peut être lourde : certains encadrent simultanément jusqu’à dix doctorants, une situation susceptible de limiter le suivi individuel et de ralentir l’avancement des travaux.
Les inégalités de genre aggravent ces difficultés. Selon la chercheuse, les doctorantes rencontrent plus d’obstacles pour accéder au doctorat et achever leur thèse, notamment en raison du manque de financement et d’un environnement académique insuffisamment sensible aux questions de genre. Le pays a enregistré 499 soutenances en 2023, contre 496 en 2022. Cette relative stabilité ne suffit pas à effacer les problèmes de financement, de suivi et d’achèvement des parcours.






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