La plateforme recense à ce stade 5 000 termes en wolof, sérère et pulaar. Les entrées peuvent être traduites vers le français, mais aussi d’une langue nationale à l’autre. Le projet comprend également une bibliothèque numérique de plus de 120 ouvrages sur la terminologie et des ressources pédagogiques destinées à l’enseignement bilingue.
Pour les chercheurs, la constitution de cette base est d’autant plus importante que les outils d’intelligence artificielle répondent en fonction des données auxquelles ils ont été exposés. Le professeur Moussa Diallo a illustré les limites de traductions générées sans ressources locales suffisamment solides. Sans corpus produits et vérifiés au Sénégal, les systèmes numériques risquent de proposer des équivalents approximatifs et de fixer des usages qui ne reflètent pas les choix des communautés linguistiques.
Le développement de SenTermino se heurte toutefois à des difficultés d’accès aux données. Certains chercheurs hésitent à partager les résultats de leurs travaux. La professeure Adjaratou Oumar Sall a rappelé que la plateforme vise à faire connaître les contributions scientifiques : les auteurs restent cités et les données ne sont pas anonymisées. La mutualisation, selon elle, permet de rendre les ressources plus accessibles et de leur donner une plus grande visibilité.
Présent à la cérémonie, le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, a appelé à élargir le portage du projet au-delà de son département et à lui donner un ancrage institutionnel national. Il a invité les initiateurs à rechercher l’appui des autorités et des ministères concernés. Le recteur de l’UCAD, Alioune Badara Kandji, a pour sa part exprimé un accord de principe pour accompagner l’installation de SenTermino au sein de l’université, sous la coordination scientifique de l’IFAN et en collaboration avec l’ESP.
Pour ses promoteurs, l’enjeu dépasse la seule traduction des termes. Il s’agit de permettre aux élèves, étudiants et chercheurs de s’approprier les connaissances dans des langues qu’ils maîtrisent, tout en veillant à ce que les ressources numériques et les futurs outils d’intelligence artificielle s’appuient sur des données fiables élaborées au Sénégal.






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