Le Syndicat des travailleurs de la Justice (SYTJUST) hausse le ton face à ce qu’il considère comme une absence d’avancées significatives dans la mise en œuvre du protocole d’accord signé avec le Gouvernement le 7 août 2025. Dans un communiqué rendu public le 28 octobre 2026, son Bureau exécutif national annonce le dépôt d’un préavis de grève de trente jours. Le reclassement des agents, la préservation de leur ancienneté, la rétroactivité des mesures administratives et le paiement de rappels de salaire figurent parmi les principales revendications du syndicat.
Le climat social pourrait ainsi se tendre davantage dans le secteur de la Justice si les autorités ne parviennent pas à trouver une issue aux revendications des travailleurs. En déposant ce préavis auprès du ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public, le SYTJUST entend obtenir des réponses concrètes aux engagements pris par l’État envers les agents du secteur.
Dans son communiqué, l’organisation syndicale rappelle que le protocole d’accord du 7 août 2025 avait été conclu entre le Gouvernement et les syndicats de travailleurs de la Justice, notamment le SYTJUST et l’Union nationale des travailleurs de la Justice (UNTJ). Depuis cette signature, le syndicat affirme avoir privilégié la concertation et le dialogue avec les autorités administratives compétentes. Toutefois, malgré plusieurs rencontres, les discussions n’auraient pas permis, selon lui, de déboucher sur des solutions jugées satisfaisantes.
Le principal point de blocage concerne les modalités de reclassement des travailleurs ayant suivi une formation au Centre de formation judiciaire (CFJ). Le SYTJUST conteste notamment l’application du principe de « l’indice égal ou immédiatement supérieur », une méthode qui, selon l’organisation, pourrait entraîner une perte de droits pour les agents concernés.
Le syndicat estime que cette approche risque de compromettre la prise en compte de l’ancienneté professionnelle acquise par les travailleurs et de fragiliser le déroulement de leur carrière. Pour lui, le traitement de ce dossier ne saurait se limiter à des considérations techniques ou administratives. Il nécessite, selon sa position, des arbitrages au niveau gouvernemental afin de garantir une application des accords respectueuse des droits des agents.
Au-delà du reclassement, le SYTJUST attire également l’attention des autorités sur la situation des agents non fonctionnaires appelés à intégrer le corps des assistants des greffes et parquets. Il réclame la préservation de l’ancienneté acquise par ces travailleurs, considérée comme un élément essentiel de leur parcours professionnel.
Le syndicat demande également que les mesures de reclassement puissent produire leurs effets de manière rétroactive. Cette exigence est liée, entre autres, au règlement des rappels de différentiels de salaire que l’organisation estime dus aux agents concernés en raison des retards enregistrés depuis juillet 2018.
Les revendications du SYTJUST ne se limitent pas aux questions de carrière et de rémunération. L’organisation syndicale plaide également pour le relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans. Elle réclame, en outre, une revalorisation des indemnités accordées aux administrateurs des greffes, aux greffiers ainsi qu’aux assistants des greffes et parquets.
À travers ces différentes demandes, le syndicat entend obtenir une amélioration de la situation professionnelle et financière des travailleurs de la Justice. Il considère que la résolution de ces dossiers passe par une volonté politique clairement affirmée et par des négociations capables de déboucher sur des engagements précis.
Le dépôt du préavis de grève constitue ainsi un nouveau moyen de pression sur le Gouvernement, après les démarches entreprises par les représentants des travailleurs pour faire avancer leurs revendications. L’organisation affirme toutefois ne pas fermer la porte aux discussions et se dit disposée à examiner toute initiative sérieuse des autorités susceptible de permettre un règlement du différend.
Malgré la fermeté de sa démarche, le SYTJUST assure privilégier une solution négociée. Le syndicat présente son préavis comme un appel au Gouvernement à traduire en actes les engagements pris dans le cadre du protocole d’accord du 7 août 2025.
L’organisation met également en avant la nécessité de préserver la paix sociale au sein de l’institution judiciaire. À ses yeux, cette stabilité repose notamment sur la confiance entre les parties et sur le respect des engagements convenus.
Le préavis ouvre désormais une période de trente jours au cours de laquelle les autorités et les représentants des travailleurs disposent d’un délai pour tenter de rapprocher leurs positions. À l’expiration de cette période, le SYTJUST se réserve le droit de déclencher des mouvements de grève si aucune avancée significative n’est enregistrée.
L’évolution de ce dossier dépendra donc de la capacité du Gouvernement à apporter des réponses aux revendications formulées et à engager des discussions susceptibles de déboucher sur un compromis. En attendant, le syndicat maintient la pression tout en affirmant rester disponible pour toute négociation sérieuse.






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