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Société

Kaolack/Alphabétisation : facilitateurs et apprenants sollicitent davantage d’appui pour leurs activités génératrices de revenus

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Kaolack/Alphabétisation : facilitateurs et apprenants sollicitent davantage d’appui pour leurs activités génératrices de revenus

Kaolack a abrité, mardi, la cérémonie de clôture de la troisième édition du Mois national de l’alphabétisation. Cette rencontre a été l’occasion de dresser le bilan des actions menées dans la région et de mettre en lumière les efforts consentis par les différents acteurs engagés dans la promotion de l’éducation non formelle et l’autonomisation des populations.

Selon l’inspecteur d’académie de Kaolack, Samba Diakhaté, la région dispose d’un potentiel important en matière d’alphabétisation, notamment grâce à la diversité de ses langues nationales et à l’implication des acteurs communautaires. La présence d’organisations et de partenaires engagés dans ce domaine constitue également un atout pour renforcer les interventions sur le terrain.

Les données présentées lors de la cérémonie font état d’une nette prédominance du wolof, qui représenterait 95 % des habitudes linguistiques concernées, suivi du sérère avec 3 %, tandis que les autres langues se partagent le reste.

Les différents programmes d’alphabétisation mis en œuvre dans la région ciblent plusieurs catégories de bénéficiaires. Pour la période 2025-2026, les responsables annoncent la poursuite et le renforcement des activités à travers des sessions d’apprentissage, des formations qualifiantes et le développement d’activités génératrices de revenus (AGR).

Le programme prévoit notamment la mobilisation de facilitateurs et de superviseurs chargés d’assurer l’encadrement et le suivi des apprenants sur le terrain. L’objectif est de consolider les acquis et de renforcer progressivement les capacités des différents acteurs de l’alphabétisation.

Au-delà de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, les bénéficiaires sont également orientés vers des formations qualifiantes et des activités génératrices de revenus, notamment dans le maraîchage, la transformation des produits locaux et la saponification. Des expériences concrètes de fabrication de produits locaux ont d’ailleurs été présentées au cours de la cérémonie.

Sur le plan financier, plusieurs enveloppes ont été annoncées pour soutenir la mise en œuvre des activités d’alphabétisation entre 2025 et 2026.

Ainsi, 25,1 millions de FCFA sont prévus pour la prise en charge des facilitateurs, tandis que 7,68 millions de FCFA sont destinés à la prise en charge des superviseurs et des opérateurs. À ces montants s’ajoutent des financements de 5 millions et de 3 millions de FCFA, notamment destinés à soutenir les activités génératrices de revenus.

Toutefois, les facilitateurs et les apprenants estiment que les efforts doivent être poursuivis afin de permettre aux bénéficiaires de transformer les connaissances acquises en véritables opportunités économiques.

À l’occasion de la cérémonie, ils ont ainsi plaidé pour un accompagnement plus conséquent de l’État et des partenaires en faveur de leurs activités génératrices de revenus. Leur souhait est de bénéficier davantage de financements, de matériels et d’un accompagnement technique afin de développer leurs initiatives et de parvenir progressivement à une véritable autonomie financière.

Pour les apprenants, l’alphabétisation ne doit pas se limiter à l’acquisition de connaissances en lecture et en écriture. Elle doit également leur permettre d’améliorer leurs conditions de vie à travers des activités économiques durables. Les facilitateurs, de leur côté, souhaitent davantage de moyens pour assurer efficacement leur mission et accompagner les bénéficiaires dans la durée.

Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, a annoncé que le document de politique nationale d’alphabétisation, validé techniquement avec l’ensemble des acteurs, sera prochainement présenté en Conseil des ministres.

« Le document de politique nationale validé techniquement avec l’ensemble des acteurs sera présenté en Conseil des ministres », a-t-il déclaré lors de la cérémonie de clôture de la troisième édition du Mois national de l’alphabétisation.

La rencontre s’est déroulée en présence de l’adjoint au gouverneur de Kaolack chargé du développement, Mamadou Habib Kamara, de l’inspecteur d’académie Samba Diakhaté ainsi que de plusieurs acteurs du système éducatif.

Placée sous le thème « L’alphabétisation, levier d’entrepreneuriat et d’employabilité pour une inclusion sociale et économique durable », cette troisième édition a permis de mettre en avant la nécessité d’établir un lien plus étroit entre alphabétisation, formation professionnelle et insertion économique.

« Une alphabétisation qui ne débouche sur rien est une porte ouverte sur un mur », a souligné Moustapha Mamba Guirassy, insistant sur la nécessité de faire de l’alphabétisation un véritable outil d’autonomisation économique.

Le ministre a également mis l’accent sur l’importance du numérique dans les stratégies d’alphabétisation. « Le téléphone qui est déjà dans chaque main doit pouvoir devenir un cahier, un livre, un outil », a-t-il déclaré, estimant que les outils numériques peuvent contribuer à toucher davantage de populations et à compléter les dispositifs classiques.

S’agissant des langues nationales, le ministre a indiqué que, sur les 25 langues répertoriées, 22 sont aujourd’hui codifiées. Il a également précisé que le modèle harmonisé d’enseignement bilingue est actuellement déployé dans 1 951 écoles.

Moustapha Mamba Guirassy a, par ailleurs, insisté sur la nécessité d’améliorer les capacités et les conditions de travail des acteurs de l’alphabétisation.

« Il n’y aura pas de politique durable sans des acteurs formés, accompagnés, rémunérés et reconnus », a-t-il affirmé.

Il a également invité les collectivités territoriales, les entreprises, les communautés et les familles à s’impliquer davantage dans la promotion de l’alphabétisation.

« Une commune qui alphabétise ses habitants investit dans sa propre fiscalité, dans sa propre démocratie et dans sa propre paix », a-t-il déclaré, appelant les entreprises à considérer l’alphabétisation comme un facteur de sécurisation des relations professionnelles.

Pour le ministre, l’enjeu est désormais de transformer les acquis de l’alphabétisation en opportunités concrètes pour les populations, particulièrement à travers l’entrepreneuriat et l’emploi.

« Ce mois [de l’alphabétisation] s’achève, le travail commence », a-t-il lancé, appelant à poursuivre les efforts dans chaque village, chaque marché et dans chaque langue.


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