Le refus de voter la Loi de finances rectificative (LFR) 2026 continue de susciter des réactions sur la scène politique sénégalaise. Lors d’une déclaration devant la presse, le vendredi 23 octobre 2026 à Dakar, Mohamed Dia, expert en santé publique et acteur politique, a vivement critiqué la position de la majorité parlementaire de PASTEF, qu’il accuse de « trahir son mandat » et de « prendre le pays en otage ».
Aux côtés d’Ardo Gning, coordonnateur du Mouvement des Sénégalais démocrates, ainsi que de plusieurs activistes et artistes, notamment Fallou Diagne, Riffou et Astou, Mohamed Dia a dénoncé ce qu’il considère comme une attitude irresponsable face aux urgences économiques et sociales du pays.
Sur le plan juridique, l’expert en santé publique conteste les arguments avancés par le Bureau de l’Assemblée nationale, notamment l’absence de pièces justificatives pour examiner le texte budgétaire. Selon lui, la pratique parlementaire sénégalaise, établie depuis plusieurs décennies, privilégie l’examen des projets de loi en commission et l’audition du ministre des Finances afin d’obtenir les éclaircissements nécessaires. Il estime ainsi que le rejet du texte sans un examen approfondi constitue une rupture avec les pratiques parlementaires habituelles.
Au-delà de la procédure, Mohamed Dia met en garde contre les conséquences sociales et économiques que pourrait entraîner le blocage de la LFR 2026. Il évoque notamment les difficultés potentielles liées au paiement des rappels dus aux enseignants, au respect des accords conclus avec les syndicats, au financement des bourses de sécurité familiale et au fonctionnement des collectivités territoriales.
« Vous avez été élus pour voter les lois, pas pour les bloquer », a-t-il lancé à l’endroit des députés de la majorité. Mohamed Dia a également rappelé que PASTEF dispose de 130 députés à l’Assemblée nationale, estimant que cette majorité lui confère une responsabilité particulière dans l’examen et l’adoption des textes budgétaires.
Prenant également la parole, Ardo Gning a dénoncé une classe politique qu’il juge davantage préoccupée par ses querelles internes que par les préoccupations quotidiennes des Sénégalais. Selon lui, la hausse des prix, les difficultés du système éducatif et les attentes sociales des populations exigent des réponses concrètes plutôt que des confrontations politiques.
« Le Sénégal n’est pas une page Facebook. C’est une République », a-t-il déclaré, appelant les parlementaires à faire preuve de responsabilité et à placer l’intérêt général au-dessus des divergences partisanes.
Face à cette situation, les responsables du mouvement réclament la convocation immédiate d’une session extraordinaire de l’Assemblée nationale. Ils demandent également une audition publique du ministre des Finances et un examen du texte suivi d’un vote dans un délai de 72 heures.
Pour Mohamed Dia et ses camarades, l’enjeu dépasse désormais les clivages politiques. Ils estiment que le débat sur la LFR 2026 doit permettre de clarifier les choix budgétaires du gouvernement et de préserver la continuité des services publics, dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales.
« Le pays ne peut plus attendre vos querelles internes », a conclu Mohamed Dia, appelant les députés à assumer pleinement les responsabilités que leur confère leur mandat.






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