Après le deuxième rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) par la Commission des Finances de l’Assemblée nationale, le Mouvement pour l’Unité, la Cohésion et le Civisme (MANKOO MUCC) exprime sa profonde indignation. Son président, Babacar Gaye, appelle les députés et l’Exécutif à privilégier le dialogue et la responsabilité afin d’éviter une aggravation de la crise budgétaire et financière.
Le rejet, pour la deuxième fois, du projet de loi de finances rectificative (LFR) par la Commission des Finances de l’Assemblée nationale continue de susciter des réactions dans la sphère politique sénégalaise. Dans un communiqué, le Mouvement pour l’Unité, la Cohésion et le Civisme (MANKOO MUCC) fait part de sa « profonde indignation » face à cette situation qu’il juge particulièrement préoccupante pour l’avenir économique et financier du pays.
Pour son président, Babacar Gaye, cette nouvelle impasse parlementaire intervient dans un contexte marqué par de fortes tensions sur les finances publiques, un endettement important, des difficultés de trésorerie et des négociations sensibles avec le Fonds monétaire international (FMI). Autant de facteurs qui, selon le mouvement, exigent des acteurs politiques une prise de conscience collective et une mobilisation autour de l’intérêt national.
MANKOO MUCC estime que le Sénégal ne peut se permettre une paralysie institutionnelle alors que les équilibres budgétaires sont fragilisés. « L’intérêt supérieur de la Nation doit prévaloir sur les calculs partisans, les rivalités politiques et les querelles de pouvoir », insiste le mouvement, qui appelle les responsables politiques à dépasser leurs divergences pour trouver une issue à la crise.
Le mouvement met également en garde contre le risque de cessation de paiement, qu’il considère suffisamment sérieux pour imposer « lucidité, responsabilité et sursaut national ». Il souligne que les conséquences de la situation financière se font déjà ressentir sur les populations, notamment à travers les difficultés des ménages, les retards de paiement subis par les entreprises et les incertitudes qui pèsent sur les jeunes en quête d’emploi.
Tout en reconnaissant pleinement les prérogatives constitutionnelles de l’Assemblée nationale en matière de contrôle de l’action gouvernementale, d’amendement et de rejet des projets de loi, MANKOO MUCC considère que ces pouvoirs doivent être exercés dans le respect de l’intérêt général.
Le mouvement rappelle que la souveraineté parlementaire ne saurait justifier une obstruction systématique susceptible de compromettre les intérêts fondamentaux du peuple sénégalais. « La souveraineté parlementaire ne dispense ni du sens de l’État ni de l’obligation morale de préserver les intérêts fondamentaux du peuple sénégalais », souligne-t-il.
Dans cette perspective, MANKOO MUCC appelle les députés, toutes sensibilités politiques confondues, à mesurer la gravité de la situation et à privilégier le dialogue institutionnel. Il plaide pour l’adoption d’un cadre budgétaire réaliste et sincère, compatible avec les engagements financiers du Sénégal et les impératifs de stabilité économique.
Face aux tensions actuelles, le mouvement exprime son « soutien républicain » au président de la République et à l’Exécutif dans leur recherche de solutions crédibles, notamment à travers la conclusion d’un accord avec le FMI.
Selon MANKOO MUCC, un tel accord pourrait contribuer à restaurer la confiance des partenaires financiers, à sécuriser les financements nécessaires et à prévenir une détérioration de la situation économique. Le mouvement précise toutefois que son soutien ne constitue ni un « blanc-seing » ni une adhésion partisane, mais relève de la volonté de préserver l’État, d’assurer la continuité du service public et de protéger les populations.
En parallèle, il exhorte les autorités exécutives à faire preuve de transparence, de rigueur et de courage dans la conduite des réformes. Il insiste également sur la nécessité de préserver les dépenses sociales essentielles et le pouvoir d’achat des ménages les plus vulnérables, afin que les ajustements budgétaires ne pèsent pas davantage sur les couches les plus fragiles de la population.
Pour Babacar Gaye, la crise actuelle doit être abordée à l’aune de l’intérêt collectif. « Le Sénégal n’appartient ni à un parti, ni à une majorité parlementaire, ni à un gouvernement. Il appartient à son peuple », rappelle-t-il.






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