La situation économique et sociale du Sénégal préoccupe Thierno Alassane Sall. Face à la presse ce dimanche, le député non-inscrit a dressé un tableau particulièrement préoccupant de la situation du pays, en s’appuyant notamment sur les réalités observées lors de ses déplacements à l’intérieur du Sénégal.
Revenant sur une récente visite dans la région de Diourbel, le parlementaire affirme avoir été directement confronté aux difficultés quotidiennes rencontrées par les populations. « Les Sénégalais sont fatigués », a-t-il déclaré, estimant que la précarité et la cherté de la vie ont atteint un niveau qui rend difficile, pour de nombreux ménages, la satisfaction des besoins essentiels.
Pour Thierno Alassane Sall, cette situation traduit des difficultés du gouvernement à apporter des réponses suffisamment concrètes aux préoccupations des populations. Il estime également que plusieurs secteurs de l’économie connaissent un ralentissement dans un contexte politique marqué par les tensions entre le président de la République Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre Ousmane Sonko.
Le député s’est aussi attaqué à la manière dont le chef de l’État exerce ses fonctions. Il a notamment critiqué ce qu’il présente comme l’utilisation du Palais de la République pour accueillir le siège du parti présidentiel, « Kiiraye ». Une situation qu’il considère comme « inadmissible », estimant que la présidence de la République doit rester entièrement consacrée aux responsabilités liées à la conduite de l’État et aux préoccupations des Sénégalais.
Le secteur de l’énergie a constitué un autre volet important de son intervention. Thierno Alassane Sall a dénoncé les coupures d’électricité et mis en cause la gestion actuelle du secteur. Il a notamment rappelé qu’en 2023, le Sénégal vendait de l’électricité à certains pays voisins, citant notamment la Guinée et la Mauritanie. Selon lui, la situation se serait depuis inversée, le Sénégal étant désormais amené à acheter de l’électricité auprès de pays voisins.
Face à cette évolution, le parlementaire demande aux autorités de faire toute la lumière sur l’état réel du système énergétique national. Il estime que la question de l’énergie aurait dû figurer parmi les priorités du nouveau pouvoir dès son arrivée aux responsabilités en 2024.
Thierno Alassane Sall a également mis l’accent sur l’accès à l’électricité en milieu rural. Il s’est interrogé sur la situation des populations vivant encore sans raccordement au réseau électrique et a avancé le chiffre de 40 % de Sénégalais vivant dans l’obscurité. Un chiffre qui, s’il était confirmé, illustrerait selon lui l’ampleur du défi auquel le pays reste confronté en matière d’électrification.
Dans cette perspective, le député a annoncé que son camp entend poursuivre ses déplacements dans les villages au cours des prochains jours. L’objectif affiché est de sensibiliser les populations, mais aussi de recueillir directement leurs doléances et leurs préoccupations afin de les porter sur la place publique.
L’intervention du député a également porté sur plusieurs dossiers financiers et de gouvernance, notamment ceux concernant COSMOS et l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER).
S’agissant du dossier COSMOS, Thierno Alassane Sall est revenu sur des déclarations faites par l’ancien ministre de l’Énergie lors de la Déclaration de politique générale, au sujet d’une gestion qu’il jugeait problématique. Le député s’est notamment interrogé sur l’attitude du président de la République au moment où ces déclarations avaient été formulées.
Il a demandé où se trouvait le chef de l’État à cette période et pourquoi, selon lui, aucune réaction n’avait été enregistrée immédiatement. Dans ce dossier, il a évoqué un montant de 33 milliards de francs CFA et s’est également interrogé sur les raisons pour lesquelles l’Inspection générale d’État (IGE) n’aurait pas été saisie plus tôt.
Le parlementaire a établi un parallèle avec le dossier de l’ASER, qu’il chiffre à 37 milliards de francs CFA. Là encore, il s’interroge sur le délai avant une éventuelle saisine de l’IGE et demande que les responsabilités soient clairement établies.
À travers ces différentes interpellations, Thierno Alassane Sall réclame davantage de transparence dans la gestion des affaires publiques. Il estime que les Sénégalais doivent être informés de manière précise sur les décisions prises par l’État, l’utilisation des ressources publiques et le suivi des dossiers qui suscitent des interrogations.
Le député entend ainsi maintenir la pression sur le gouvernement, tout en annonçant la poursuite de sa présence sur le terrain. Ses déplacements devraient notamment le conduire dans plusieurs localités rurales où il compte recueillir les préoccupations des populations et faire remonter leurs doléances au niveau national.





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