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Le monde / Afrique

Présidentielle en Tunisie : Un scrutin "joué d'avance" ?

La Tunisie se prépare pour l'élection présidentielle du 6 octobre, un rendez-vous électoral qui suscite peu d'espoir parmi les observateurs et une partie de l'opposition. En effet, seuls trois candidats, dont l'actuel président Kais Saied, ont été retenus…

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Présidentielle en Tunisie : Un scrutin "joué d'avance" ?

La Tunisie se prépare pour l'élection présidentielle du 6 octobre, un rendez-vous électoral qui suscite peu d'espoir parmi les observateurs et une partie de l'opposition. En effet, seuls trois candidats, dont l'actuel président Kais Saied, ont été retenus par l'Instance Supérieure Indépendante pour les Élections (Isie). Les deux autres candidats sont Zouhair Maghzaoui, un ancien député panarabe, et Ayachi Zammel, chef d'un petit parti peu connu. Pour de nombreux experts, ce scrutin semble déjà décidé en faveur de M. Saied, qui brigue un deuxième mandat.

Kais Saied, élu démocratiquement en 2019, a rapidement pris un tournant autoritaire en s'accaparant tous les pouvoirs en juillet 2021. Depuis, il a modifié la Constitution, introduisant un régime ultraprésidentialiste où le Parlement est largement affaibli. Cette concentration des pouvoirs a été vivement critiquée par l'opposition, qui accuse Saied de vouloir instaurer un régime autocratique.

Les conditions de participation à l'élection ont été particulièrement restrictives, obligeant les candidats à recueillir des parrainages parmi les parlementaires, les élus locaux ou les électeurs, une tâche décrite comme herculéenne par certains experts. De plus, l'Isie exigeait un extrait de casier judiciaire (B3), ce qui a conduit plusieurs candidats à dénoncer des obstacles administratifs.

Plusieurs figures de l'opposition ont vu leurs candidatures rejetées ou ont été dissuadées de participer. Parmi eux, Abir Moussi, cheffe du Parti destourien libre, qui est actuellement en détention pour complot contre l'État. D'autres, comme Mondher Zenaïdi, ancien ministre sous Ben Ali, étaient considérés comme des challengers potentiels mais n'ont pas été retenus.

Certains candidats, dont le militant Safi Saïd, ont renoncé en raison de la difficulté à recueillir les signatures nécessaires. Kamel Akrout, ancien conseiller à la sécurité nationale, a également abandonné, critiquant une élection qu'il estime inéquitable.

Avec seulement deux candidats face à Saied, l'élection présidentielle du 6 octobre s'annonce comme une formalité pour le président sortant. Les critiques se multiplient, dénonçant une compétition déloyale où les principaux adversaires ont été écartés, soit par des manœuvres administratives, soit par des arrestations.

La Tunisie, autrefois perçue comme un modèle de transition démocratique après la révolution de 2011, semble s'enfoncer dans une voie autoritaire, avec une élection qui pourrait bien entériner un pouvoir concentré entre les mains d'un seul homme. La perspective d'une alternance démocratique semble s'éloigner, au grand dam d'une partie de la population et de l'opposition.

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