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Le monde / Afrique

Présidentielle ivoirienne 2025 : Alassane Ouattara en route vers un quatrième mandat après des scores écrasants

La Côte d’Ivoire semble s’acheminer vers un nouveau mandat d’Alassane Ouattara. À 83 ans, le président sortant domine très largement les premiers résultats de l’élection présidentielle de samedi, publiés progressivement ce dimanche par la Commission…

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Présidentielle ivoirienne 2025 : Alassane Ouattara en route vers un quatrième mandat après des scores écrasants

La Côte d’Ivoire semble s’acheminer vers un nouveau mandat d’Alassane Ouattara. À 83 ans, le président sortant domine très largement les premiers résultats de l’élection présidentielle de samedi, publiés progressivement ce dimanche par la Commission électorale indépendante (CEI). Dans plusieurs départements du nord du pays, le chef de l’État obtient des scores dépassant les 90%, confirmant une tendance déjà observée lors des précédents scrutins.

Près de neuf millions d’électeurs étaient appelés aux urnes dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, premier producteur mondial de cacao et considéré ces dernières années comme un pôle de stabilité dans une région secouée par les putschs militaires et les attaques jihadistes. Les résultats partiels publiés par la CEI concernent les 111 départements du pays ainsi que les districts d’Abidjan et de Yamoussoukro, la capitale politique. Les résultats globaux devraient être connus dans la nuit de dimanche à lundi.

Dans le nord, région majoritairement peuplée de Malinkés, l’ethnie du président Ouattara, la mobilisation a été exceptionnelle. À Kani et dans son fief de Kong, il a obtenu respectivement 99,7% des suffrages, tandis qu’à Ferkessédougou et Sinématiali, ses scores ont atteint 98,1% et 97,8%, avec des taux de participation avoisinant les 100% dans ces zones rurales. Même à Dabakala, localité du centre où son adversaire Jean-Louis Billon est député, le président sortant dépasse les 92% des voix.

Dans les régions du sud et de l’ouest, en revanche, la participation s’est révélée beaucoup plus faible. De nombreux bureaux de vote sont restés presque vides, signe d’un désintérêt marqué pour le scrutin. À Abidjan, dans la commune aisée de Cocody, moins de 20% des électeurs se sont déplacés, mais Ouattara s’y impose tout de même avec 68% des suffrages. Le président de la CEI, Ibrahime Kuibiert Coulibaly, a estimé que le taux national de participation devrait « avoisiner les 50% », un chiffre comparable à celui de 2020.

Cette abstention partielle s’explique en grande partie par l’absence de deux figures majeures de la politique ivoirienne. Ni le banquier international Tidjane Thiam, ni l’ancien président Laurent Gbagbo n’étaient candidats. Tous deux ont été exclus de la course : le premier en raison de contestations sur sa nationalité, le second à cause d’une condamnation pénale l’empêchant de figurer sur les listes électorales. Pour Simon Doho, chef de file des députés du PDCI, cette situation fausse la légitimité du scrutin : « On observe une fracture très claire entre le nord et le sud. Le taux réel de participation est plus faible qu’annoncé. On peut émettre des doutes sur la légitimité d’un président élu dans ces conditions », a-t-il déclaré à l’AFP.

Cette élection rappelle celle de 2020, où Alassane Ouattara avait été réélu avec 94% des voix dans un contexte de boycott de la part des principaux opposants. Cette année encore, malgré la présence de quatre candidats face à lui, aucun ne semblait en mesure de l’inquiéter, faute de structures politiques solides ou de ressources suffisantes pour mener campagne à l’échelle nationale.

Si le scrutin s’est globalement déroulé dans le calme, des incidents isolés ont été signalés dans environ 2% des bureaux de vote, soit quelque 200 lieux sur l’ensemble du territoire. Selon le ministre de l’Intérieur, Vagondo Diomandé, ces heurts n’ont pas eu « d’incidence majeure sur le déroulement du scrutin ». Néanmoins, le processus électoral a été marqué par des violences meurtrières. Une source sécuritaire a fait état de la mort d’un ressortissant burkinabè lors d’affrontements intercommunautaires à Gadouan, dans le centre-ouest du pays, et d’un adolescent de 13 ans tué par un tir à Gregbeu. Au total, six personnes ont perdu la vie depuis la mi-octobre en lien avec l’élection, dont deux le jour du vote.

La Côte d’Ivoire, pays mosaïque d’une soixantaine d’ethnies et terre d’accueil pour de nombreux ressortissants des pays voisins, reste profondément marquée par les traumatismes des crises électorales passées. Le souvenir des violences postélectorales de 2010, qui avaient fait près de 3.000 morts, et de celles de 2020, avec 85 victimes, continue de peser sur les esprits. Cette année, le pouvoir avait pris des mesures préventives, déployant près de 44.000 membres des forces de l’ordre et interdisant les manifestations des opposants radiés. Plusieurs centaines d’arrestations pour troubles à l’ordre public ont également été recensées.

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