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Le monde / Afrique

Tentative de coup d’État déjouée à Bissau : plusieurs officiers arrêtés à la veille de la campagne électorale

BISSAU — L’armée bissau-guinéenne a annoncé, ce vendredi 31 octobre 2025, avoir arrêté plusieurs officiers supérieurs impliqués dans ce qu’elle qualifie d’une « tentative de subversion » visant à perturber le calendrier électoral du pays à la veille de…

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Tentative de coup d’État déjouée à Bissau : plusieurs officiers arrêtés à la veille de la campagne électorale

BISSAU — L’armée bissau-guinéenne a annoncé, ce vendredi 31 octobre 2025, avoir arrêté plusieurs officiers supérieurs impliqués dans ce qu’elle qualifie d’une « tentative de subversion » visant à perturber le calendrier électoral du pays à la veille de l’ouverture de la campagne. Lors d’une conférence de presse, le vice-chef d’état-major, le général Mamadu Turé, a déclaré que « cette action visait à interrompre le processus électoral », sans toutefois préciser le nombre exact d’arrestations ni tous les détails des actions qui auraient été préparées. 

Parmi les personnes appréhendées figure le général de brigade Daba Na Walna (parfois orthographié Daba Nawalna dans certains dépêches), qui dirige un centre de formation militaire situé à une trentaine de kilomètres de la capitale Bissau. Le général Turé a indiqué que plusieurs autres officiers étaient en fuite, laissant planer une incertitude sur l’ampleur réelle du complot présumé et sur l’éventuelle implication d’acteurs civils, qu’il a menacé d’interpeller si des complicités civiles étaient établies. 

Le président Umaro Sissoco Embaló, contacté par la presse, a décrit l’événement comme « une tentative de coup d’État pour empêcher la tenue des élections » et a assuré que « tout est sous contrôle », précisant qu’une enquête avait été ouverte pour faire la lumière sur les faits et identifier les responsables. Ces déclarations interviennent dans un climat politique déjà tendu, où la légitimité et la durée du mandat présidentiel ont été l’objet de fortes contestations entre pouvoir et opposition ces derniers mois. 

La mise en cause d’officiers supérieurs intervient à la veille de l’ouverture de la campagne pour le double scrutin législatif et présidentiel : la campagne devait s’ouvrir le samedi 1er novembre et se dérouler sur trois semaines, avant la tenue du scrutin. Les comptes rendus publiés par les agences internationales diffèrent toutefois sur la date exacte du vote — certaines sources évoquent le 23 novembre, d’autres le 30 novembre — ce qui illustre, au-delà de l’épisode sécuritaire, la confusion et les tensions qui entourent l’organisation du rendez-vous électoral. 

Le contexte politique bissau-guinéen est marqué par une histoire de coups et tentatives de putsch depuis l’indépendance en 1974, et par de vifs désaccords entre le pouvoir et l’opposition. Le principal parti historique, le PAIGC, et son candidat Domingos Simões Pereira figuraient parmi les acteurs absents de cette échéance électorale, ce qui alimente les craintes d’une consultation organisée dans un climat de forte polarisation et de défiance mutuelle. La stabilité du pays reste donc un enjeu majeur, non seulement pour la sécurité intérieure mais aussi pour la confiance des partenaires régionaux et internationaux. 

Face à ces événements, les autorités militaires ont réaffirmé leur détermination à « préserver le calendrier électoral » et à étendre, si nécessaire, les investigations aux civils impliqués. Les prochaines heures et jours seront décisifs pour savoir si les arrestations constitueront un point de rupture ou si, au contraire, elles permettront au pouvoir de sécuriser la période de campagne et d’éviter un emballement militaire susceptible d’entraîner une nouvelle crise nationale. Les informations officielles restent par ailleurs partielles : les autorités n’ont pas communiqué la liste complète des personnes arrêtées ni précisé les charges retenues à leur encontre, et l’enquête annoncée devra clarifier à la fois l’origine du présumé complot et son ampleur. 

En l’absence, pour l’heure, d’un démenti public des intéressés et alors que d’autres officiers sont signalés en fuite, la communauté internationale et les organisations régionales surveillent la situation de près, conscientes que tout nouveau basculement de l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau aurait des répercussions régionales importantes. Les autorités bissau-guinéennes ont affirmé vouloir maintenir le calendrier électoral ; il faudra désormais voir si la situation sécuritaire et judiciaire permettra effectivement la tenue sereine du double scrutin.  

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