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Santé

LUTTE CONTRE LE CANCER

Les chances d’une prise en charge efficace réduite au Sénégal Commémorée chaque année le 4 février, la Journée mondiale de lutte contre le cancer rappelle une réalité préoccupante. Le cancer est aujourd’hui la deuxième cause de décès dans le monde.…

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LUTTE CONTRE LE CANCER

Les chances d’une prise en charge efficace réduite au Sénégal

Commémorée chaque année le 4 février, la Journée mondiale de lutte contre le cancer rappelle une réalité préoccupante. Le cancer est aujourd’hui la deuxième cause de décès dans le monde. Contrairement à une idée encore largement répandue, cette maladie ne concerne pas uniquement les personnes âgées. Elle touche aussi des jeunes, parfois très tôt dans leur vie.
Le cancer se distingue par son caractère complexe et imprévisible. Aucun organe du corps humain n’est totalement épargné. Sein, col de l’utérus, prostate, foie, poumon, estomac ou encore peau peuvent être atteints. Cette diversité des formes renforce le sentiment d’une maladie difficile à comprendre et à anticiper.
Au Sénégal, comme dans de nombreux pays africains, le cancer demeure insuffisamment diagnostiqué à un stade précoce. L’accès au dépistage reste limité et la maladie est souvent découverte tardivement, réduisant considérablement les chances d’une prise en charge efficace. À cela s’ajoutent des représentations sociales parfois marquées par la peur, le silence ou l’idée de fatalité.
D’un point de vue anthropologique, le cancer est encore fréquemment perçu comme une épreuve inévitable, voire comme une maladie dont les causes échappent totalement à la compréhension biomédicale. Ces perceptions peuvent retarder la consultation médicale et renforcer le recours tardif aux soins. Pourtant, de nombreux cancers peuvent être évités ou mieux traités lorsqu’ils sont détectés à temps.
La prévention constitue aujourd’hui un levier essentiel. Elle passe par une alimentation saine, une activité physique régulière, la réduction de la consommation de tabac et d’alcool, ainsi que par la vigilance face aux signes inhabituels du corps. Être attentif à sa santé et consulter dès l’apparition de symptômes persistants peut faire une réelle différence.
Au-delà de la dimension médicale, le cancer a un impact social profond. Il bouleverse des familles, sépare des mères de leurs enfants, fragilise des couples et affecte durablement les communautés. La maladie ne touche jamais un individu seul : elle s’inscrit toujours dans un tissu social, familial et affectif.
Sensibiliser, informer et prévenir restent donc des enjeux majeurs, en particulier auprès des jeunes. La lutte contre le cancer ne peut se limiter aux hôpitaux. Elle doit aussi passer par l’éducation à la santé, la diffusion d’une information accessible et la déconstruction des idées reçues.
En cette Journée mondiale de lutte contre le cancer, rappeler que cette maladie peut toucher chacun, quel que soit l’âge, est une nécessité. Mais rappeler aussi que des actions simples, individuelles et collectives, peuvent contribuer à réduire son impact est un devoir de santé publique.

Khady SAMB
JOURNALISTE ET DOCTORANTE EN ANTHROPOLOGIE MÉDICALE UNIVERSITÉ LAVAL

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