Au Sénégal, près de 80 % des patients atteints d'un cancer de la prostate sont diagnostiqués à un stade évolué, ce qui réduit considérablement leurs chances de guérison, a révélé le Pr Racine Kane, chirurgien urologue à l'hôpital Principal de Dakar, dans un entretien au Soleil repris par PressAfrik.
« Le retard de diagnostic s'explique principalement par le manque d'information, les difficultés d'accès aux soins, les idées reçues et la pudeur entourant les examens de la prostate. Or, lorsque la maladie est détectée à un stade localisé, la chirurgie et la radiothérapie offrent des possibilités de guérison. En revanche, aux stades avancés ou métastatiques, les traitements visent essentiellement à ralentir la progression du cancer et à soulager les symptômes », explique-t-il.
L'urologue rappelle que l'âge, les antécédents familiaux et l'appartenance à la population noire sont les principaux facteurs de risque. Il recommande un dépistage précoce dès 45 ans chez les hommes concernés, notamment par le dosage du PSA et le toucher rectal, et plaide pour une intensification de la sensibilisation, la levée des tabous et un meilleur accès au dépistage et aux traitements. L'hormonothérapie, souvent nécessaire sur une longue durée, peut coûter entre 100 000 et 500 000 FCFA.
« Le cancer de la prostate est le premier cancer chez l'homme. Il y a au moins 1000 cas de cancers qui sont diagnostiqués chaque année (au Sénégal). Mais, ces données sont probablement sous-estimées », avait déclaré en 2024 le Pr Papa Ahmed Fall, chef du service d'urologie de l'hôpital Dalal Jam et président de l'Association sénégalaise d'urologie.






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