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Le monde / Afrique

Ceuta : Rabat affirme avoir alerté Madrid avant la flambée migratoire

Les autorités marocaines assurent avoir averti l’Espagne, plusieurs semaines avant la récente vague d’arrivées de migrants à Ceuta, du risque d’une aggravation de la pression migratoire. Cette version est toutefois contestée par Madrid, qui affirme n’avoir…

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Ceuta : Rabat affirme avoir alerté Madrid avant la flambée migratoire

Les autorités marocaines assurent avoir averti l’Espagne, plusieurs semaines avant la récente vague d’arrivées de migrants à Ceuta, du risque d’une aggravation de la pression migratoire. Cette version est toutefois contestée par Madrid, qui affirme n’avoir reçu aucune alerte officielle. Cette divergence relance le débat sur la gestion de la crise et sur le partage des responsabilités entre les deux pays.

S’exprimant sous couvert d’anonymat auprès de plusieurs médias, un haut responsable marocain a indiqué que Rabat avait informé les autorités espagnoles, aux alentours des 22 et 23 juillet, des conséquences potentielles d’une décision rendue par la Cour suprême espagnole. Selon lui, ce jugement, qui considère que le renvoi immédiat des migrants ne s’applique pas aux personnes arrivées par voie maritime, risquait d’encourager davantage de candidats à l’émigration.

« Nous avons prévenu que cette décision allait créer un problème, et c’est exactement ce qui s’est produit », a déclaré ce responsable, estimant que cette évolution juridique a alimenté l’espoir de nombreux migrants de pouvoir rester sur le territoire espagnol après leur arrivée.

D’après les autorités marocaines, la propagation d’interprétations erronées de cette décision de justice a largement contribué à amplifier le phénomène. Rabat et Madrid s’accordent d’ailleurs sur le fait que de fausses informations circulant sur les réseaux sociaux et dans certains canaux de communication ont convaincu de nombreux migrants que les possibilités d’expulsion avaient été considérablement réduites.

Parallèlement, plusieurs médias espagnols ont affirmé que les services de renseignement avaient eux aussi alerté le ministère de l’Intérieur sur le risque d’arrivées massives vers l’enclave de Ceuta. Une information rapidement rejetée par les autorités espagnoles, qui maintiennent n’avoir reçu aucun avertissement spécifique susceptible de permettre une anticipation de cette crise.

Face aux critiques formulées ces derniers jours par certains observateurs, qui accusent les forces de sécurité marocaines d’avoir fait preuve de passivité lors des premières heures de la crise, le haut responsable marocain rejette toute idée de défaillance du dispositif sécuritaire. Selon lui, les forces de l’ordre se sont retrouvées confrontées à un afflux d’une ampleur exceptionnelle, rendant toute intervention musclée particulièrement délicate.

Le responsable insiste également sur le fait que la gestion des flux migratoires ne peut être considérée comme une responsabilité exclusive du Maroc. À ses yeux, ce phénomène constitue un défi partagé qui nécessite une coopération étroite entre les deux rives de la Méditerranée, tant sur le plan sécuritaire que sur celui des politiques migratoires.

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