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MÉDINA BAYE : LE SÉNÉGAL PEUT-IL S’INSPIRER DE BAYE NIASS, FIN DIPLOMATE ?

Entre le président Bassirou Diomaye Faye et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, la rupture semble désormais consommée. Alors que le Sénégal s’apprête à célébrer le Gamou international de Médina Baye, l’héritage de Cheikh Al Islam El Hadji…

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MÉDINA BAYE : LE SÉNÉGAL PEUT-IL S’INSPIRER DE BAYE NIASS, FIN DIPLOMATE ?

Entre le président Bassirou Diomaye Faye et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, la rupture semble désormais consommée. Alors que le Sénégal s’apprête à célébrer le Gamou international de Médina Baye, l’héritage de Cheikh Al Islam El Hadji Ibrahima Niass ressurgit avec force. Diplomate spirituel et homme de paix, Baye Niass avait montré une autre voie : celle du dialogue, du rapprochement et du dépassement des divergences.

Depuis le décret du 22 mai 2026 mettant fin aux fonctions de Premier ministre d’Ousmane Sonko, la scène politique sénégalaise a profondément changé. Quatre jours plus tard, Sonko prenait la tête de l’Assemblée nationale avec 132 voix sur 165. D’un côté, le président Bassirou Diomaye Faye poursuit la construction de sa coalition « Kiiraay » en perspective de 2029. De l’autre, Ousmane Sonko, à la tête de Pastef, conserve une majorité parlementaire.

Baye Niass : la diplomatie avant la confrontation

C’est dans ce contexte que certains guides religieux rappellent l’exemple de Médina Baye et l’action de son fondateur. Pour l’ancien ambassadeur Serigne Aliou Cissé Dème, Baye Niass n’a pas seulement œuvré à la diffusion de la Fayda Tijaniyya : il a également pratiqué une véritable diplomatie au service du rapprochement entre les peuples.

« El Hadji Ibrahima Niass, dit Baye Niass, a beaucoup voyagé pour transmettre son message et rassembler les peuples autour des valeurs de paix et de cohésion », souligne-t-il.

De l’Égypte de Gamal Abdel Nasser au Nigeria, en passant par le Ghana, la Chine et l’Arabie Saoudite, Baye Niass a tissé des liens avec des chefs d’État, des responsables politiques et de nombreuses communautés. Son action s’inscrivait notamment dans une vision fondée sur l’indépendance des peuples, l’unité africaine et la fraternité au-delà des différences.

Même dans les pays où il ne s’est pas rendu, notamment le Tchad ou le Cameroun, ses émissaires, les « moukhadams », ont contribué à porter son message. Son influence a ainsi largement dépassé les frontières du Sénégal, rassemblant des millions de fidèles autour de la Fayda Tijaniyya, du Niger au Maroc.

Le dialogue comme réponse aux divergences

Aujourd’hui, les sujets de friction ne manquent pas entre les différentes composantes du pouvoir. Gestion de la dette héritée, calendrier des élections locales, nominations, place des militants dans la conduite des affaires publiques : autant de dossiers qui alimentent les divergences.

L’Assemblée nationale, dirigée par Ousmane Sonko, et la Présidence de la République semblent désormais avancer sur des trajectoires parallèles.

Or, l’œuvre de Baye Niass « dépasse le cadre religieux », rappelle Serigne Aliou Dème. « Elle s’inscrit dans une dynamique de rapprochement des communautés et de promotion des valeurs de paix et de cohésion sociale », estime-t-il.

À l’approche du Gamou international de Médina Baye, cet héritage prend une résonance particulière. Dans un pays où les autorités religieuses jouent traditionnellement un rôle important dans l’apaisement des tensions sociales et politiques, l’exemple de Baye Niass peut être perçu comme un appel à la retenue et à la responsabilité.

Privilégier l’intérêt supérieur de la nation, dialoguer plutôt que s’affronter, rassembler plutôt que diviser : telle est la leçon que certains observateurs souhaitent voir transposée dans la vie politique nationale.

Avec l’arrivée à échéance des mandats des élus locaux en janvier et la présidentielle de 2029 déjà dans les esprits, le Sénégal entre dans une période politique particulièrement sensible.

L’exemple de Baye Niass, considéré comme un fin diplomate et un homme de dialogue, rappelle ainsi une vérité essentielle : les divergences ne condamnent pas nécessairement à la rupture. On peut avoir des désaccords, défendre des positions différentes et continuer à œuvrer dans l’intérêt d’une même communauté nationale.

C’est peut-être précisément ce dont le Sénégal a le plus besoin aujourd’hui.

Mamadou Ndiaye

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