« La raison du plus bavard n'est pas toujours la meilleure. » C'est par cette formule que le professeur Mary Teuw Niane, directeur de cabinet du président Bassirou Diomaye Faye, ouvre une tribune publiée ce dimanche 1er novembre par PressAfrik, dans laquelle il dénonce une « stratégie politique » fondée, selon lui, sur la manipulation de l'opinion et l'invective.
L'auteur rappelle d'abord trois principes de la société sénégalaise : « nit du sos » (on ne calomnie pas), « nit du fen » (on ne ment pas) et « nit du ñakk teggin » (on ne manque pas de savoir-vivre et de respect). Il accuse ensuite certains acteurs, sans les nommer, de vouloir les piétiner : « Affabuler sur ceux qui dérangent, déformer les faits, salir les réputations, puis mobiliser des milliers de faux comptes sur les réseaux sociaux pour donner aux mensonges l'apparence de la vérité. » Il dénonce des « meutes numériques » destinées à intimider les voix libres et à faire croire à une majorité écrasante pour imposer une pensée unique. « Cent mille applaudissements fabriqués ne valent pas dix mille convictions sincères », écrit-il.
Pour Mary Teuw Niane, la société a été « surprise par cette entreprise de manipulation, d'autant plus dangereuse qu'elle se drape dans les habits de la vertu et du messianisme », mais « aujourd'hui, les masques se fissurent ». Il appelle au retour « au kersa, au jom, au respect de l'autre » et à une politique où l'on peut « combattre une idée sans humilier celui qui la défend ». Il invite à tendre la main à « ceux qui se sont égarés dans les méandres de la manipulation », sans renoncer à la vérité, et refuse que les réseaux sociaux deviennent « un tribunal totalitaire ».
« Le Sénégal mérite mieux que des foules artificielles et des consciences sous influence », conclut-il. « Les faux comptes disparaîtront, les cris s'éteindront et les mises en scène s'effondreront. Il restera les actes, les idées et la vérité. » Une prise de position qui intervient dans un climat politique tendu, marqué notamment par le double rejet en commission du projet de loi de finances rectificative.






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