Avec les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, le Sénégal s'ouvre au monde. À l'instar des villes qui ont accueilli les précédentes éditions, le pays attend des retombées positives sur plusieurs secteurs de son économie, rapporte Seneweb, qui s'est penché sur les projections officielles et sur les expériences de Singapour et de Nankin.
En 2010, Singapour fut la première ville à organiser les JOJ. À l'époque, 107 millions de dollars singapouriens étaient prévus pour l'organisation de l'événement, mais les coûts ont finalement atteint 387 millions de dollars singapouriens. Un rapport consulté par nos confrères dans la bibliothèque gouvernementale de la cité-État fait toutefois état de retombées économiques conséquentes. Selon le Comité international olympique (CIO), Singapour 2010 a accueilli 400 000 visiteurs, dont 31 000 venus de l'étranger, qui ont dépensé environ 68,1 millions de dollars américains. Le tourisme international a injecté quelque 41,9 millions de dollars dans l'économie nationale, tandis que des contrats d'une valeur de 260 millions de dollars ont été attribués à des entreprises locales.
À Nankin, en Chine, l'organisation des JOJ en 2014 semble également avoir accompagné la progression de l'activité touristique. Selon les statistiques officielles de la municipalité, le nombre de visites touristiques a augmenté de 8,6 % sur un an pour atteindre 94,76 millions, et les recettes touristiques ont progressé de 11,8 %, à environ 152 milliards de yuans.
Au Sénégal, les JOJ se tiennent dans un contexte économique et financier délicat, et les autorités en attendent des retombées sur l'économie réelle, au moment où les prévisions de croissance restent peu vigoureuses. Les effets attendus sont détaillés dans plusieurs documents budgétaires de l'État. Le Rapport économique et financier annexé à la loi de finances initiale (LFI) 2026 présente ainsi les Jeux comme « un levier majeur, stimulant la demande dans les secteurs de l'hébergement, la restauration, du transport ainsi que de l'agroalimentaire ».
Le document anticipe notamment une hausse de la demande en produits alimentaires, alors qu'un net ralentissement est attendu dans le secteur secondaire, dont le taux de croissance devrait passer de 18,3 % en 2025 à 2,9 % en 2026. Malgré ce tassement, le sous-secteur agroalimentaire devrait profiter de la demande générée par les Jeux.
Le secteur tertiaire apparaît comme le grand gagnant annoncé, avec une croissance projetée à 5,4 % en 2026, contre 3,4 % en 2025. Cette progression serait portée par les services d'hébergement et de restauration, dont l'activité devrait augmenter de 10,5 % en 2026, contre 4,3 % en 2025. Dans le transport, la croissance est projetée à 11,3 %, contre 2,2 % un an plus tôt, et les activités commerciales devraient progresser de 5,1 %, contre 3,5 % en 2025. « Ces sous-secteurs devraient bénéficier des retombées positives de l'organisation des Jeux olympiques de la jeunesse, qui attireront plus de 3 000 athlètes et leurs staffs d'encadrement (...) et susciter l'arrivée de touristes venus assister aux événements sportifs », indique le rapport.
Le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2027-2029 reprend cette perspective en tablant sur une croissance de 3,3 % du secteur secondaire hors hydrocarbures, liée notamment aux retombées des JOJ sur l'agroalimentaire, dont l'activité devrait se redresser de 0,2 % après une contraction de 2,5 % en 2025.
Pour l'heure, ces retombées restent des projections. Les premières réservations hôtelières donnent toutefois un aperçu de l'activité attendue : quelque 3 300 chambres seraient réservées, représentant 37 000 nuitées dans 74 établissements hôteliers, selon les membres du comité d'organisation. Une dynamique qui, si elle se confirme et s'amplifie, pourrait apporter une bouffée d'oxygène à plusieurs secteurs de l'économie sénégalaise.






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