La souveraineté alimentaire du Sénégal passe par le développement des unités de transformation, la valorisation des produits locaux et une meilleure implication des femmes dans les politiques nutritionnelles. C'est le plaidoyer porté ce samedi à Thiès par le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR), à l'occasion de la 10e étape de la 9e édition du Festival Alimenterre, co-organisée avec l'ONG internationale Humundi, rapportent Seneweb et PressAfrik.
S'exprimant au nom du CNCR, un agropasteur, présenté par Seneweb sous le nom d'Abdou Aziz Badji et par PressAfrik comme Abdou Aziz Bâ, secrétaire général de la FONGS, a appelé à renforcer la vision nationale de la souveraineté alimentaire. « On ne peut pas parler de souveraineté alimentaire sans des unités de transformation. Nous devons cultiver ce que nous mangeons et manger ce que nous cultivons », a-t-il soutenu. Selon lui, la transformation est un maillon essentiel pour conserver les surplus et les valoriser, et les femmes doivent occuper une place centrale dans les politiques de nutrition.
Au cœur des débats figurait la question du « faux lait », composé de poudre de lait dégraissée réengraissée à l'huile de palme, importé massivement depuis l'Europe, qui fragilise les producteurs sénégalais comme les éleveurs européens. Les acteurs ruraux ont pointé le manque d'infrastructures de conservation et de transport adaptées aux fortes chaleurs. « Sans infrastructures adaptées pour la conservation et le transport, le lait collecté finit par se gâter », a expliqué l'agropasteur.
« Notre organisation et le CNCR militent activement en faveur d'un changement d'orientations politiques et d'une valorisation des produits locaux », a affirmé Julie Vanderka, coordinatrice du Festival Alimenterre en Belgique, qui plaide pour une évolution du cadre réglementaire. Le représentant du CNCR a aussi déploré la place accordée aux produits et plats importés dans les publicités des chaînes de télévision, « surtout la chaîne publique ». « Si les mères incitent leurs familles à consommer ce que le pays produit au lieu d'imiter ce qu'elles voient à la télévision, nous atteindrons notre souveraineté alimentaire », a-t-il conclu.






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