À l’ouverture des débats en plénière consacrés à la proposition de loi relative à la santé en milieu carcéral, le député Thierno Alassane Sall a livré une intervention particulièrement critique à l’endroit de la majorité parlementaire et du gouvernement. Le parlementaire a notamment dénoncé la convocation d’une troisième session extraordinaire de l’Assemblée nationale, qu’il estime motivée par des considérations étrangères aux priorités des Sénégalais.
Prenant la parole avant l’examen du texte, l’élu a reproché à la majorité de réduire, selon lui, le rôle de la représentation nationale à l’adoption des textes inscrits à l’ordre du jour, au détriment du débat contradictoire. « Vous confondez représentation du peuple et refus du débat », a-t-il lancé, tout en revendiquant son droit à exprimer publiquement ses désaccords avec les orientations du pouvoir.
Pour Thierno Alassane Sall, le climat politique et institutionnel actuel suscite des inquiétudes au sein de l’opinion. « Les Sénégalais sont inquiets », a-t-il déclaré, affirmant que cette préoccupation dépasserait les frontières du pays. Il a notamment évoqué les « amis du Sénégal », qui, selon lui, seraient également préoccupés par la situation. Le député est allé jusqu’à estimer que certaines décisions donnent « l’impression que vous voulez casser cette République ».
Dans son argumentaire, le parlementaire a notamment cité le report de l’examen du texte portant sur la carte d’identité biométrique de la CEDEAO. À ses yeux, cette question revêt une importance particulière pour de nombreux citoyens dont les cartes sont arrivées à expiration. Il a attribué cette situation à ce qu’il qualifie de « caprices » du pouvoir, dénonçant ainsi la manière dont le dossier est traité par les autorités.
Au-delà des textes soumis aux députés, Thierno Alassane Sall a également fait référence à un épisode dont il dit avoir pris connaissance à travers les médias le jour même. Il a évoqué une information entendue à la radio concernant l’attitude d’un directeur général à l’égard de son ministre, lors d’une visite effectuée en présence de populations.
Sans développer davantage les circonstances de cet épisode, le député a indiqué que cette information l’avait profondément interpellé. « Cela m’a glacé », a-t-il déclaré, laissant entendre que ce type de comportement serait révélateur, selon lui, des tensions ou dysfonctionnements qui pourraient exister dans les rapports entre responsables de l’administration et membres du gouvernement.






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