Une marée humaine a envahi les rues de Rufisque ce week-end pour réclamer l’extension du cimetière de Dangou, confronté à une saturation critique. Face à l’urgence, le Comité d’initiative et les forces vives locales interpellent directement le président de la République. Leur principale revendication : la signature d’un décret d’expropriation pour cause d’utilité publique afin de récupérer les neuf hectares attenants au cimetière et de prévenir une crise sociale et religieuse.
La tension était palpable ce week-end dans les rues de Rufisque, où une importante mobilisation communautaire a exprimé l’exaspération des populations face à la saturation des cimetières de la vieille ville. À l’origine de cette manifestation, une situation devenue préoccupante : le manque d’espace pour accueillir dignement les défunts.
À l’appel du Comité d’initiative pour l’extension du cimetière de Dangou, des imams, des dignitaires coutumiers, des membres d’associations et de nombreux citoyens ont battu le pavé pour réclamer une solution urgente à cette crise foncière.
La situation ne date pas d’hier, mais elle a désormais atteint un seuil critique. Les cimetières historiques de Thiawlène et de Diokoul étant saturés depuis plusieurs années, l’essentiel de la pression repose désormais sur le site de Dangou.
Ce dernier doit non seulement répondre aux besoins des populations de Rufisque, mais également faire face à une demande croissante provenant d’autres localités, notamment Keur Massar et Jaxaay, voire de Thiès.
Pour les membres du Comité d’initiative, l’extension du cimetière constitue une urgence à laquelle les autorités doivent apporter une réponse concrète. « Le cimetière de Thiawlène est plein, de même que le cimetière de Diokoul. La seule réserve foncière qui jouxte notre cimetière est une opportunité que nous devons saisir. Et nous ne sommes pas prêts à lâcher l’affaire », a martelé Gorgui Cissé, secrétaire général du Comité d’initiative.
Face à ce qu’ils considèrent comme une inertie administrative préjudiciable, les manifestants entendent désormais intensifier la pression pour obtenir une issue favorable à leurs revendications. À leurs yeux, les démarches entreprises jusqu’ici n’ont pas permis de trouver une solution à la hauteur de l’urgence.
Au cœur du différend se trouve un terrain privé d’environ neuf hectares, situé à proximité immédiate du cimetière de Dangou. Son acquisition représenterait un investissement que la municipalité ne serait pas en mesure de supporter seule, selon les arguments avancés par les initiateurs de la mobilisation.
C’est pourquoi le Comité d’initiative et les forces vives locales sollicitent directement l’intervention du chef de l’État afin de faciliter la mise à disposition de cette réserve foncière.
Les marcheurs réclament la signature rapide d’un décret d’expropriation pour cause d’utilité publique. Pour les imams et les leaders communautaires mobilisés, cette procédure représente la voie à privilégier pour permettre l’extension du cimetière et garantir aux familles la possibilité d’inhumer leurs proches dans des conditions dignes et conformes aux rites funéraires.
La manifestation s’est achevée dans le calme. Les organisateurs ont salué le professionnalisme des forces de l’ordre mobilisées pour encadrer le rassemblement.
Mais, malgré cette fin pacifique, les initiateurs de la marche maintiennent la pression sur les autorités. Ils assurent que leur mobilisation se poursuivra tant qu’une réponse concrète ne sera pas apportée à leur demande.
À Rufisque, l’extension du cimetière de Dangou dépasse désormais la seule question foncière. Elle est devenue un enjeu de dignité humaine, de respect des défunts et de cohésion sociale.






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