« OUSSOU BLOCAGE »/ Ce nouveau sobriquet que Badara Gadiaga colle à Sonko !
C’est officiel, ou presque : Ousmane Sonko a désormais un sobriquet. « Oussou Blocage ». La formule est collée à Ousmane par Badara Gadiaga qui interpelle à ce propos Mbaye Gueye Faye. Le Premier ministre, lui, semble croire que le gars fait effectivement dans le blocage : selon Al Aminou Lö, certains députés — dont lui-même, donc — se seraient « tranquillement assis dans un coin », résolus à bloquer les initiatives de l’exécutif, LFR en tête. On admire la scène : des élus installés confortablement, bras croisés, comme au théâtre, sauf que la pièce s’appelle Le Budget et que la sortie de secours est bloquée.
Le chroniqueur Badara Gadiaga, lui, applaudit des deux mains et renchérit : le président de l’Assemblée nationale n’a-t-il pas promis, en son temps, de bloquer les lois ? Voilà donc un homme qui, selon Badara, se « plaît à bloquer le fonctionnement d’un pays par simple plaisir ». Un plaisir coupable, sans doute, comme celui de regarder une machine à laver tourner à vide : ça occupe, ça fait du bruit, mais le linge reste sale.
Badara s’étonne. Badara s’indigne. Badara invite le président Diomaye à « prendre ses responsabilités pour ne pas faire sombrer le Sénégal ». On notera l’élégance de la formule : le naufrage est imminent, mais la barre reste à quai.
Et puis vient la sentence finale, celle qui claque comme un couperet de cuisine : « L’entrée de Sonko en politique est une catastrophe pour le Sénégal. On ne confie pas la chose publique à un égocentrique. Le degré d’hypocrisie de cet homme et de ses camarades est effarant. »
Effarant, en effet. Car enfin, qui aurait pu imaginer qu’un homme politique puisse être égocentrique ? La nouvelle mérite d’être encadrée. Depuis quand, dans ce pays, confie-t-on la chose publique à des gens qui pensent à eux ? On croit rêver. C’est à se demander si Badara n’a pas confondu le Sénégal avec un monastère.
Reste l’essentiel : le pays, lui, pendant que les uns bloquent et que les autres débloquent, continue de tourner — ou plutôt de ne pas tourner. Et tout le monde, dans ce joyeux théâtre, a raison. C’est bien connu : quand tout le monde a raison, c’est généralement le pays qui a tort.
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