Le gouvernement monte au créneau pour défendre son budget rectificatif. Alors que des visuels circulant sur les réseaux sociaux annoncent la disparition de plusieurs grands projets dans la loi de finances rectificative (LFR) 2026, le ministère de l'Économie, du Plan et de la Coopération et le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Formation professionnelle, Idrissa Samb, ont successivement apporté des démentis, rapporte Seneweb. Leur message est le même : les projets ne sont pas supprimés, leur calendrier est réajusté.
Idrissa Samb dénonce une « manipulation »
Le ministre Idrissa Samb s'est voulu catégorique. « Une telle affirmation, en complet décalage avec la réalité, relève d'une pure manipulation et d'une campagne de désinformation manifeste », a-t-il déclaré. Selon lui, l'examen du texte officiel montre qu'« aucun projet n'a été supprimé sur le plan juridique ou définitif ».
Pour appuyer son propos, le ministre avance trois arguments techniques. D'abord, de nombreux chantiers disposent toujours de crédits inscrits et ouverts, en autorisations d'engagement comme en crédits de paiement : il cite l'Agropole Sud (7 milliards de FCFA), l'Agropole Centre (2,5 milliards) et plusieurs composantes de l'électrification rurale, pour plus de 29 milliards de FCFA cumulés via divers fonds et bailleurs. Ensuite, les projets affichant des montants nuls, comme le Grand Transfert d'Eau ou l'Agropole Nord, correspondent selon lui à des « financements extérieurs simplement non activés pour 2026 ». Enfin, il rappelle que la comptabilité publique fonctionne en « budget-programme », regroupant les sous-projets dans des lignes globales sans les citer nommément.
Le ministre reconnaît toutefois un ajustement global de 555 milliards de FCFA sur les dépenses d'investissement, ciblant les projets jugés lents ou non prioritaires. Mais il insiste : « Un report d'échéancier ou une baisse de trésorerie ne vaut en aucun cas suppression définitive des projets concernés. »
Une infographie sur 19 projets
Le ministère de l'Économie a, de son côté, publié une infographie consacrée à 19 projets d'investissement, tous présentés comme maintenus. On y retrouve la construction de 35 centres de santé, inscrite dans la programmation 2026-2028, la route Mékhé-Pékesse-Thilmakha, le renouvellement des installations de la Sonacos, le programme d'urgence de modernisation des axes routiers (PUMA), le développement des filières arachide, mil, fonio et sorgho, l'Université du Sénégal oriental ou encore le programme national d'urgence d'électrification rurale, doté de 2 milliards de FCFA selon le document.
Deux dossiers font l'objet de précisions. Le programme de 30 000 logements est classé comme « soutenu », avec des mesures fiscales et douanières réaffirmées. Le Grand Transfert d'Eau du lac de Guiers vers Touba est, lui, explicitement « reprogrammé ».
Grand Transfert d'Eau : 13,8 milliards reportés en 2027
Sur ce projet emblématique, le ministère dirigé par Cheikh Diba avait déjà réagi samedi en qualifiant de « fake news » les publications annonçant sa suppression. « NON ! Le Projet de Grand Transfert d'Eau (GTE) n'est pas supprimé », a martelé le département. Il explique que les 20 milliards de FCFA initialement prévus dans le budget rectificatif pour commencer à indemniser les personnes affectées ont été retirés, parce que le recensement de ces personnes et l'évaluation des indemnisations n'ont pas encore démarré, à quelques mois de la fin de l'année.
En contrepartie, une enveloppe de 13,8 milliards de FCFA a été reprogrammée dans le projet de loi de finances initiale 2027, déjà déposé à l'Assemblée nationale. « Ce montant pourra être augmenté selon l'avancement du projet », assure le ministère.
Les grands équilibres revus
L'infographie rappelle aussi les ajustements macroéconomiques de la LFR. Les subventions à l'énergie passent de 250 à 790,3 milliards de FCFA, soit une hausse de 540,3 milliards destinée à préserver le pouvoir d'achat. La prévision de croissance pour 2026 est ramenée de 5 % à 2,7 %, les recettes attendues du Plan de redressement économique et social (PRES) de 762,9 à 311,5 milliards de FCFA, et le déficit prévisionnel passe de 5,4 % à 7,6 % du PIB, un niveau que le ministère juge « maîtrisé et soutenable ».
Ces mises au point interviennent en plein bras de fer entre le gouvernement et la majorité parlementaire Pastef, qui a rejeté le texte en commission et doit se prononcer en plénière ce mardi 27 octobre.






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